Tauromachie : Frédéric Pascal, 50 ans après son alternative à Nîmes
Tauromachie : Frédéric Pascal, 50 ans après son alternative

Le 22 août 1976, dans les arènes de Nîmes, Frédéric Pascal, alors âgé de 28 ans, est sacré matador lors d’une alternative mémorable. Cinquante ans plus tard, l’ancien torero, qui a abandonné ses études d’ingénieur pour le toreo, se souvient : « J’ai été mal avec l’épée mais j’ai cependant coupé une oreille ». Ce jour-là, la station météo de Nîmes-Courbessac relevait une température de 31,3 °C.

Un cartel de luxe pour un sacre historique

Pour cet adoubement, Frédéric Pascal avait pour parrain Francisco Ruiz Miguel et pour témoin le jeune Luis Francisco Espla. Le toro « Economista », issu de la ganaderia de Juan Pedro Domecq, avait été désigné par le sort pour cette cérémonie. Ce cartel de prestige marquait l’aboutissement d’un parcours commencé bien plus tôt.

En 1968, Frédéric Pascal obtient, par concours, son entrée à l’École Nationale d’Ingénieurs à Brest, en section Informatique. Mais entre la sécurité d’un emploi valorisant et le goût de l’aventure, du risque et de la vie de bohème, la décision ne tarde pas. Après des capeas dans les fêtes de village et des débuts sommaires sous l’apodo de Manolo Gonzalez, le premier grand jour arrive à l’été 1969 aux Saintes-Maries-de-la-Mer, lors d’une novillada sans chevaux. Le 26 octobre de la même année, à Lunel, avec picadors cette fois, il change de catégorie.

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Une croisade pour le statut social des toreros français

À cette époque, posséder une carte d’identité française et prétendre toréer relevait de la folie, du non-sens et de l’impossibilité. Frédéric Pascal, avec Nimeño I, Simon Casas ou Jacky Brunet « Jaquito », faisait partie des « pionniers » qui ont lutté pour donner aux toreros français un vrai statut social. Condamné au milieu des années 70 par l’administration des Douanes pour « importation frauduleuse d’un habit de lumière », il a sans cesse combattu.

En 1977, il crée le Syndicat des toreros français, faisant suite à l’Association des toreros français de Simon Casas. Grâce à ses actions, menées parallèlement à la pression exercée sur les directeurs d’arènes, les toreros français ont obtenu le statut d’intermittent, puis la couverture sociale via le Guichet unique social taurin, et enfin les droits au chômage. Des avancées spectaculaires.

Banderillero puis retraite, les luttes continuent

Après son alternative, Frédéric Pascal, faute d’engagements suffisants, fait sa « despedida » en 1981 et entre dans les cuadrillas en tant que banderillero. Il se retire du toreo en août 1996, à Dax, 20 ans après son sacre. Mais il n’abandonne pas ses combats.

Suivant quotidiennement l’actualité taurine, il voue une admiration sans limites à l’art de Morante de la Puebla. Son prochain objectif : faire lever l’obligation de résidence conditionnée par l’Espagne pour l’obtention d’une retraite à 55 ans. Une avancée qu’il envisage avec optimisme.

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