Dans un entretien accordé à Libération, l'écrivain et militant politique Tariq Ali revient sur la publication de son autobiographie, intitulée Une vie en politique. Né en 1943 à Lahore, dans l'actuel Pakistan, Ali a été témoin et acteur de nombreux événements historiques majeurs, de la décolonisation aux révoltes étudiantes de 1968, en passant par les guerres du Vietnam et d'Irak.
Un parcours militant précoce
Issu d'une famille engagée à gauche, Tariq Ali découvre très tôt la politique. Son père, journaliste et militant, l'initie aux idées socialistes. À 17 ans, il organise une grève dans son lycée, ce qui lui vaut d'être expulsé. Il part alors pour l'Angleterre, où il étudie à Oxford et s'engage dans le mouvement anti-guerre du Vietnam. Il devient rapidement une figure de proue de la gauche radicale britannique.
De l'activisme à l'écriture
Ali est également un intellectuel prolifique. Il a écrit de nombreux essais politiques, romans et pièces de théâtre. Dans son autobiographie, il explique comment la politique a façonné sa vie personnelle et professionnelle. « Ma biographie a été déterminée par la politique », confie-t-il. « Chaque décision importante que j'ai prise était liée à des événements politiques. »
Une mémoire vivante de la gauche
Le livre offre un regard unique sur les grandes figures de la gauche internationale, de Che Guevara à Fidel Castro, en passant par les intellectuels européens comme Jean-Paul Sartre. Ali n'hésite pas à critiquer les dérives autoritaires de certains régimes se réclamant du socialisme, tout en défendant la nécessité d'une alternative au capitalisme.
Interrogé sur l'actualité, Tariq Ali estime que les mouvements sociaux contemporains, comme les gilets jaunes ou les manifestations pour le climat, s'inscrivent dans la continuité des luttes historiques. « La politique n'est pas morte, elle change de forme », assure-t-il.
Un appel à la mobilisation
À 81 ans, Tariq Ali continue de militer et d'écrire. Son autobiographie se veut un témoignage pour les jeunes générations, un rappel que l'engagement politique peut transformer le monde. « Il ne faut jamais désespérer », conclut-il. « L'histoire nous montre que les mouvements populaires finissent par gagner. »



