Le film emblématique de Jean-Pierre Jeunet, « Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain », sorti en 2001, divise. Si le long-métrage a conquis le public et la critique, certains spectateurs affichent une franche antipathie. Cette série d'été du Point explore les raisons de ce rejet, entre clichés parisiens et mièvrerie assumée.
Un succès planétaire, des détracteurs assumés
Le film a rassemblé plus de 30 millions de spectateurs dans le monde, dont 8 millions en France. Il a reçu quatre César, dont celui du meilleur film, et a été nommé aux Oscars. Pourtant, une partie du public exprime un malaise face à cette œuvre. Pour ces détracteurs, le Paris d'Amélie Poulain est un décor de carte postale, loin de la réalité sociale de l'époque.
Un Paris fantasmé qui agace
Le réalisateur Jean-Pierre Jeunet a recréé un Montmartre idéalisé, avec ses ruelles pavées, ses commerces de proximité et ses personnages hauts en couleur. Pour les critiques, cette vision est jugée trop lisse, voire réactionnaire. « C'est un Paris qui n'existe pas, un Paris de pacotille », analyse un cinéphile interrogé par Le Point. Cette reconstitution soignée, saluée par certains, est perçue par d'autres comme une fuite en avant nostalgique.
Un personnage qui irrite
Le personnage d'Amélie, interprétée par Audrey Tautou, est également au cœur des critiques. Sa naïveté, sa manie de faire le bien autour d'elle en secret, et son côté « fée du logis » agacent. Certains y voient une figure infantilisante, une « éternelle enfant » qui ne grandit jamais. D'autres lui reprochent son côté intrusif, son ingérence dans la vie des autres, même si ses intentions sont bonnes.
Un débat qui persiste
Vingt ans après sa sortie, le film continue de susciter des débats passionnés. Pour ses défenseurs, c'est un hymne à la joie de vivre et à la solidarité. Pour ses détracteurs, c'est un concentré de clichés et de bons sentiments. Ce fossé illustre la difficulté de plaire à tous, même avec un succès aussi massif. Le débat reste ouvert, et la série d'été du Point se penche sur ce phénomène culturel pour tenter de comprendre cet amour-haine.



