Solarpunk : la science-fiction qui imagine un futur écologique et optimiste
Solarpunk : la SF qui imagine un futur écologique optimiste

Solarpunk : quand la science-fiction imagine un futur écologique et optimiste

Dans un contexte contemporain marqué par la dérégulation technologique, l'abandon progressif des politiques climatiques et un chaos géopolitique croissant, plonger dans l'univers du solarpunk peut sembler un acte subversif, presque révolutionnaire. Ce sous-genre de la science-fiction, dont l'écrivaine américaine Becky Chambers est l'une des représentantes les plus éminentes, propose une vision radicalement différente de notre avenir.

Un voyage littéraire au cœur d'un monde durable

Dans son roman Un psaume pour les recyclés sauvages publié chez L'Atalante en 2022, Becky Chambers invite le lecteur à suivre les pérégrinations de Dex, un moine non binaire en quête du chant des grillons. Le récit nous transporte dans une ville « tout en courbes brillantes et lumières colorées, reliées par l'entrelacs des rails aériens et des allées piétonnes, couvertes de feuillages qui débordaient des balcons et des terre-pleins ».

Au fil des pages, le lecteur accompagne Dex dans ses déplacements à bord de son chariot-vélo, découvrant une campagne verdoyante où les centrales géothermiques côtoient des villages autosuffisants. Les habitations de torchis sont ornées de « gazon fleuri ou [de] panneaux solaires », illustrant parfaitement cet imaginaire radieux propulsé à l'énergie éolienne et profondément respectueux du vivant.

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Les origines et l'évolution du mouvement solarpunk

Né en ligne à la fin des années 2000, le solarpunk s'est progressivement étendu à la littérature et au design. Selon Yannick Rumpala, enseignant-chercheur en science politique à l'université Côte d'Azur et spécialiste des liens entre politique et science-fiction, ce courant s'inscrit dans une nébuleuse plus large apparue principalement dans les années 1980.

« Le point commun de ces différents courants est de se focaliser sur des technologies perçues comme emblématiques et sur l'organisation des sociétés qui en découlent », explique le chercheur. Parmi ces mouvements, on retrouve notamment le « steampunk » et le « biopunk », chacun explorant des rapports spécifiques entre technologie et société.

L'énergie comme fil conducteur des récits futuristes

La publication du rapport Meadows sur les limites de la croissance en 1972, suivie du premier choc pétrolier en 1973, a révélé l'ampleur de l'impensé énergétique dans nos sociétés. Yannick Rumpala souligne que « dans ces récits et formes d'expression, cet enjeu devient dès lors une sorte de filigrane récurrent : la fiction va montrer à sa manière que l'énergie configure les rapports sociaux et l'architecture du pouvoir ».

Le solarpunk se distingue précisément par sa manière d'envisager l'énergie non comme une source de conflits, mais comme le fondement d'une société harmonieuse et durable. Il propose ainsi une alternative narrative aux dystopies environnementales qui dominent souvent la science-fiction contemporaine.

À travers des œuvres comme celle de Becky Chambers, le solarpunk invite à repenser notre rapport au progrès technologique et à l'écologie, offrant un espace d'imagination où un futur désirable reste possible malgré les défis environnementaux actuels.

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