Sorti l'année dernière dans la petite maison d'édition Do, Scarborough bénéficie d'un excellent bouche-à-oreille chez les libraires les plus éclairés. Réédité en poche récemment chez Christian Bourgois, ce roman au charme vintage séduit par son atmosphère anglaise et son intrigue kafkaïenne.
Un professeur d'anglais plongé dans le mystère
Le héros est un sympathique professeur d'anglais vivant à Rueil-Malmaison qui bascule du jour au lendemain dans un monde étrange. Un nouvel élève, William Montrose, apparaît au fond de la classe et prétend être là depuis le début de l'année scolaire. Parallèlement, les journaux rapportent que Michel Sardou a été sauvagement assassiné, la langue arrachée. Déboussolé, le professeur écoute en boucle Scarborough Fair, la chanson traditionnelle magnifiquement reprise par Simon & Garfunkel, et y voit un signe : c'est dans la ville de Scarborough qu'il trouvera une réponse à ses angoisses. Il pose un arrêt-maladie et file en Angleterre.
Une enquête entre pubs et églises
Entre virées au pub Leeds Arms et découverte de la St Mary's Church, où est enterrée Anne Brontë, le professeur mène l'enquête et flirte avec une Anglaise. L'écrivain Luc Dagognet, poétique et intranquille, trouve une cohérence éditoriale chez Christian Bourgois, éditeur historique de Fernando Pessoa, avec qui il partage un air de famille littéraire. Le lecteur espère bientôt des péripéties ésotériques à Lisbonne.
Scarborough par Luc Dagognet, Satellites/Christian Bourgois, 204 p., 9,80 €.



