Sébastien Abdelhamid, visage bien connu de la pop culture, était présent au Festival de Cannes pour présenter son premier court-métrage intitulé Ice Ice Bye Bye. Originaire d'Orléans et désormais installé à Los Angeles, ce passionné de sneakers et de cinéma a suivi un parcours atypique.
Un autodidacte passionné de cinéma
Abdelhamid, qui compte 837 000 abonnés sur Instagram, a commencé sa carrière comme éboueur avant de se faire un nom dans les médias. Il est passé par Kourtrajmé, Sixe XL, Clique, France 4 et le podcast The Bridge. Sa première réalisation, le documentaire Sneaker Empire diffusé en 2023 sur France 4, explore 30 ans de culture sneaker en France.
Interrogé sur son passage à la réalisation, il explique : « C'est une volonté que j'ai depuis de nombreuses années, mais ce n'était jamais le bon moment. Je suis complètement autodidacte, donc il fallait que je prenne un certain bagage avant de me lancer. »
Un court-métrage sur l'immigration
Son court-métrage Ice Ice Bye Bye aborde le thème de la police de l'ICE, le service d'immigration américain. « La situation a fait germer en moi un sentiment très dérangeant. Comment exprimer artistiquement quelque chose ? Finalement, c'est venu naturellement de transformer ce sentiment en film », confie-t-il.
Le film fait un clin d'œil à l'acteur Noel Guglielmi, connu pour ses rôles secondaires dans Training Day ou Fast and Furious. « C'est une vraie gueule, je le voulais en comédien secondaire pour avoir ce clin d'œil », précise Abdelhamid.
Ses influences cinématographiques
Le réalisateur cite parmi ses références Michael Mann, John Carpenter, Ridley Scott, Tony Scott, Paul Verhoeven, Kurosawa et Sergio Leone. Il apprécie particulièrement le cinéma coréen et hongkongais. « La satire sociale de Carpenter, que ce soit dans Invasion Los Angeles ou New York 1997, permet de voir un film sous différents prismes », ajoute-t-il.
Son acteur culte ? Chow Yun-fat, mais aussi Robert De Niro, Al Pacino, Joe Pesci et Takeshi Kitano.
Un parcours atypique
Interrogé sur sa définition professionnelle, Abdelhamid répond : « Je me définis comme un artiste. Je ne me suis jamais mis dans une case. Il y a 24 ans j'étais éboueur. Je viens de nulle part, et je me suis mis moi-même un plafond de verre jusqu'au moment où je me suis permis d'évoluer. »
Il ajoute : « D'où je viens, l'ascenseur social est plus qu'en panne depuis des années. Ce que je veux, c'est raconter des histoires, partager quelque chose pour créer un lien avec les gens. J'ai écrit un long-métrage, c'est la suite du travail. Être à Cannes, pouvoir partager mon travail, me faire voir, rencontrer des gens, c'est une manière d'avancer. »



