À Nîmes, les libraires ont déjà commencé à faire leur sélection parmi les centaines de nouveautés proposées pour cette rentrée 2026. Premiers romans, auteurs attendus et récits romanesques marqués par le conflit, les marchands de livres dévoilent leur enthousiasme. Après les vacances, il est temps de renouveler sa pile à lire. Par chance, la rentrée littéraire 2026 ne manque pas de nouveautés. Dans les librairies du centre-ville nîmois, les tables se couvrent peu à peu de nouvelles couvertures en cette fin de mois d’août. Entre nouvelles plumes et auteurs attendus, cette rentrée regorge de récits marqués par les conflits, qu’ils soient politiques, historiques ou familiaux.
Un marathon de lecture pour les libraires
Un petit post-it rose en forme de cœur est positionné sur la couverture de C’était ça ou mourir de Thélyson Orélien. « Après deux lectures cet été, je crois que ce premier roman est le coup de cœur de toute la librairie », s’enthousiasme Marie Goyard. Après les premiers services presse reçus dès le mois de juin, la gérante de la librairie Goyard située boulevard Victor Hugo a enchaîné les lectures cet été. « On s’est réparti une quarantaine de titres rien que pour les deux mois. C’est vraiment un petit marathon, il faut les ingurgiter, quitte à en abandonner quelques-uns en route. Mais en règle générale, je persévère la lecture ! »
Parmi les 461 romans annoncés cette rentrée, les commerçants devront faire de la place à L’adolescence du Perroquet d’Amélie Nothomb, L’inconnue du Quai de Javel de Philippe Jaenada ou encore La Dernière de Wilberforce de Julia Kerninon. Mais autour des auteurs déjà installés, les libraires veulent aussi mettre en avant les nouvelles plumes. « Nous, on aime bien lire et soutenir les premiers romans. Si ce n’est pas nous qui les portons, ils passent à la trappe », confie Clémence Durand, libraire chez Goyard depuis deux ans. Découvrir de nouvelles écritures ou en retrouver une bien connue, les libraires font une sélection de choix pour leurs lecteurs.
Des romans marqués par les conflits politiques
Un peu plus loin, Pierre-Jean Tessier, gérant de la librairie du même nom, en est à une trentaine de livres au compteur, avec un petit coup de cœur pour le nouveau roman de Yannick Haenel, La solitude des professeurs est infinie. « Je collabore avec mon frère. Nous ne lisons pas les mêmes livres afin de couvrir plus largement notre sélection », confie-t-il. Pour lui, le mois de septembre constitue une période importante pour la littérature. « La rentrée littéraire ramène beaucoup de monde à la lecture. On installe les nouveautés de mi-août jusqu’à fin septembre, juste avant le début des prix littéraires en novembre », confirme Pierre-Jean Tessier.
Bien que la sélection de cette année soit plutôt éclectique selon les marchands de livres, les auteurs semblent s’être tous retrouvés autour de la politique, des guerres et des conflits familiaux. Des thèmes lourds à porter selon Anastasia David de la Librairie des deux places. « J’aime bien les livres que j’ai lus, mais je trouve les histoires très dures. Je suis assez sensible. » Parmi ses lectures, seule L’enfant grise de Grégoire Courtois fait figure d’exception. « C’est le seul livre qui se termine sur une note à peu près joyeuse », rajoute-t-elle. Dans la Librairie des deux places, Elsa et Anastasia ont lu une quinzaine de livres au cours des deux mois d’été.
Chaque année, la rentrée littéraire marque un rendez-vous attendu pour les lecteurs. « On retrouve des gens qui suivent un auteur particulier et qui viennent chercher leur grand format mais beaucoup entrent dans le magasin et se laissent guider par nos conseils », affirme Elsa Merhuenda. Après un été plus calme, la rentrée représente aussi un moment privilégié pour retrouver les lecteurs.
Romans, BD et mangas : chacun sa rentrée
Si la rentrée littéraire concerne avant tout les romans, les bouquins illustrés ne restent pas à l’écart de la nouveauté pour autant. « Cet été, j’ai reçu une centaine de mangas, dont une vingtaine sont des premiers tomes », confirme Nicolas Augros, libraire chez Mangas Shoten. Pour l’essentiel, beaucoup de romance et d’humour. « Mon petit coup de cœur reste Cosmos de Ryuhei Tamura, sorti un peu avant l’été. On est sur une ambiance plutôt Men in Black avec une agence de gestion des extraterrestres qui est assez sympa et très drôle », continue-t-il.
Chez La Bulle, librairie spécialisée dans la bande dessinée, la rentrée constitue aussi un temps fort. « 30 % des sorties de l’année arrivent à partir de septembre, étalées jusqu’en décembre », précise Fabrice. Plus d’une centaine de titres rejoindront prochainement les rayons. À Nîmes comme ailleurs, la rentrée littéraire s’annonce riche en découvertes. Et si les libraires ont déjà trouvé leur coup de cœur, il ne reste plus qu’au lecteur de dénicher le sien. Une bonne excuse pour pousser la porte d’une librairie en septembre.



