Rahel Jaeggi : une analyse novatrice de la notion de progrès
Rahel Jaeggi : analyse novatrice du progrès

La philosophe allemande Rahel Jaeggi, professeure à l'Université Humboldt de Berlin, publie un essai intitulé « Progrès et régression » aux éditions de la Maison des Sciences de l'Homme. Dans cet ouvrage, elle livre une analyse novatrice de la notion de progrès, remettant en question les conceptions linéaires et téléologiques qui ont dominé la pensée occidentale.

Une critique des conceptions traditionnelles du progrès

Jaeggi examine les limites des idées classiques de progrès, souvent associées à une accumulation de connaissances ou à un perfectionnement moral. Selon elle, ces visions simplistes ignorent les contradictions et les régressions inhérentes aux processus historiques. Elle s'appuie sur des exemples concrets, comme les avancées technologiques qui coexistent avec des inégalités croissantes, pour démontrer que le progrès n'est pas unidirectionnel.

L'essai propose une « conception dialectique et critique » du progrès, inspirée de la théorie critique de l'École de Francfort. Jaeggi insiste sur la nécessité de prendre en compte les conflits sociaux et les luttes politiques dans l'évaluation du progrès. « Le progrès ne peut être compris comme un simple accroissement de capacités, mais doit être envisagé comme un processus de résolution de problèmes sociaux », écrit-elle.

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Une approche pragmatique et contextuelle

La philosophe développe une approche pragmatique, où le progrès est évalué en fonction de sa capacité à répondre à des problèmes spécifiques dans des contextes historiques donnés. Elle critique ainsi les théories universalistes qui imposent des critères abstraits de progrès, ignorant les particularités culturelles et sociales. Jaeggi plaide pour une « démocratisation du progrès », où les citoyens participent activement à la définition de ce qui constitue un progrès.

Selon un article du Monde, l'essai de Jaeggi est « éclairant » et « novateur », offrant une perspective rafraîchissante dans un débat souvent polarisé. L'ouvrage a été salué par des philosophes comme Axel Honneth, qui le qualifie de « contribution majeure à la philosophie sociale contemporaine ».

Impact et réception

L'essai de Rahel Jaeggi arrive à un moment où les notions de progrès sont remises en question, notamment face aux crises écologiques et sociales. Sa réflexion offre des outils pour repenser le changement social sans tomber dans le pessimisme ou l'optimisme naïf. En France, l'ouvrage a été bien accueilli par la critique, qui y voit une « bouffée d'air frais » dans le champ de la philosophie politique.

Jaeggi conclut en appelant à une « éthique du progrès » qui intègre la responsabilité et la réflexivité. « Le progrès n'est pas un état à atteindre, mais un processus à construire collectivement », affirme-t-elle. Une invitation à repenser notre rapport au temps et à l'histoire.

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