Dans son nouvel album documentaire "Incendie ! Canadair à la rescousse", paru le 28 mai chez Gallimard Jeunesse, Pénélope Bagieu plonge dans l'univers fascinant et périlleux des Canadair, ces avions jaunes et rouges devenus le symbole des étés sous haute surveillance. Alors que l'Occitanie fait face à de multiples départs de feu, l'ouvrage résonne avec une actualité brûlante.
Un album ancré dans l'actualité des incendies
Ces derniers jours, les Canadair ont été mobilisés en Occitanie. Dans les Pyrénées-Orientales, le feu de Trévillach a parcouru plus de 5 000 hectares, provoquant des évacuations et l'arrivée de renforts européens. Dans le Gard, près de Lédenon, et dans l'Hérault, les départs de feu se sont multipliés dans une région desséchée par la chaleur. C'est dans ce contexte que l'album de Pénélope Bagieu prend une résonance particulière.
Une passion de longue date pour les Canadair
Pénélope Bagieu confie à Midi Libre une passion pour ces appareils depuis son enfance en Corse, où elle voyait les Canadair s'entraîner près de chez elle. "Ils frôlaient ma maison, parce que leur base n'était pas loin. J'étais fascinée et émerveillée par cet avion." Pour son livre, elle s'est rendue à la base de la Sécurité civile de Nîmes, rencontrant pilotes, mécaniciens et membres des flottes Canadair, Dash et Beech. "Entendre l'expérience des gens qui vivent au quotidien avec ces avions change complètement la façon dont on les regarde", explique-t-elle.
90 % des feux sont d'origine humaine
Ce qui a le plus marqué l'autrice n'est pas seulement la puissance des appareils, mais une statistique frappante : "90 % des feux sont d'origine humaine." Elle souligne la rapidité avec laquelle une imprudence peut basculer : "un simple tesson de bouteille en verre dans la nature peut suffire à créer un reflet, déclencher un départ de feu et en quelques minutes, rendre la situation difficilement contrôlable."
Un appel à la responsabilité collective
Au-delà de l'avion spectaculaire, l'album aborde la sécheresse, le dérèglement climatique et la responsabilité collective. "Il fait de plus en plus chaud, c'est lié à l'activité humaine, et par conséquent cela brûle de plus en plus", résume Pénélope Bagieu. Mais elle refuse de s'adresser aux enfants uniquement via l'angoisse : "si l'on se contente d'asséner cela aux enfants, sans leur parler du reste, on risque seulement de nourrir leur écoanxiété." Elle veut aussi montrer celles et ceux qui luttent contre les flammes, au sol comme dans les airs.
Le Canadair n'est pas la solution miracle
L'autrice insiste sur un point : le Canadair n'est pas la solution miracle. "La solution idéale, ce ne serait pas d'avoir dix fois plus d'avions, mais dix fois moins de feux." Ces avions interviennent en appui des pompiers lorsque la situation devient critique. Beaucoup de départs de feu sont stoppés avant de faire parler d'eux, explique-t-elle.
Le sang froid des équipages
Le livre évoque aussi la dangerosité des missions et la sécurité des pilotes. L'un d'eux a confié à l'autrice : "maintenant, on garde en tête qu'on a quand même des familles qui aimeraient bien nous voir revenir vivants." Dans un incendie, les conditions de vol sont extrêmes : l'avion peut être aspiré vers le sol, déporté par les mouvements d'air chaud. "Les décisions doivent être prises en une fraction de seconde, et elles peuvent être une question de vie ou de mort", souligne Pénélope Bagieu, marquée par le "sang froid" des équipages.
La vigilance, message urgent
Reste le message le plus simple, et peut-être le plus urgent : la vigilance. Barbecue trop proche de la forêt, débroussaillage négligé, mégot jeté par la fenêtre… Pour l'autrice, les enfants peuvent parfaitement comprendre ce risque et même le rappeler aux adultes : "ils sont les citoyens de demain et en attendant, ils peuvent déjà rappeler certaines évidences."



