Pierre Assouline dévoile sa spiritualité et son attachement au judaïsme
Pierre Assouline : spiritualité et judaïsme révélés

Pierre Assouline se livre sur sa spiritualité et son héritage juif

Il a fallu insister pour que Pierre Assouline accepte de se prêter à cet exercice introspectif. Le journaliste et écrivain, auteur de biographies et romans à succès, habitué à sonder les âmes, semblait réticent à parler de la sienne. Approché, il a d'abord feint la surprise, se réfugiant derrière la figure de Job, auquel il a consacré un ouvrage et qui ouvre son nouveau livre, « Tenez bon », paru le 5 mars chez Robert Laffont. Finalement, il a accepté notre invitation, nous recevant dans son petit appartement pour un échange profond.

Cet homme posé, réfléchi, économe de ses mots, s'est peu à peu laissé aller à des confidences, révélant un être imprégné de réflexions spirituelles depuis longtemps. Dans cet entretien, il explore les liens entre sa spiritualité et son travail d'écrivain, tout en détaillant son parcours personnel et religieux.

La spiritualité au cœur des destins humains

Interrogé sur son goût pour les grandes destinées, Pierre Assouline explique que ses choix sont guidés par l'instinct et l'inconscient, fusionnant attirance ancienne et curiosité récente. Il nie un lien direct avec sa spiritualité, mais admet que les questions transcendantes influencent involontairement son approche. Pour lui, les qualités humaines, dont le rapport à la spiritualité, sont essentielles. Il souligne l'importance de la droiture de l'âme et du refus de trahir ses principes, valeurs centrales dans son nouveau livre, né du dérèglement actuel de la société.

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Il évoque les événements récents, comme les attaques du 7 octobre et le retour de Donald Trump, qui exacerbent les clivages et poussent à l'abandon des convictions. Assouline défend une République laïque et l'état de droit, critiquant les dérives qui, selon lui, menacent ces fondements.

Un judaïsme personnel et adapté

Pierre Assouline révèle son éducation juive, traditionnelle mais laïque et républicaine, typique de l'Algérie française. Né à Casablanca, il a grandi dans un environnement libéral, fréquentant la synagogue pour les grandes fêtes. La mort de son père il y a trente ans a été un tournant, l'amenant à dire le Kaddish quotidiennement pendant onze mois, une expérience qui lui a appris la solidarité communautaire face au deuil.

Il décrit son judaïsme comme un « bricolage », accommodant la religion à sa vie quotidienne. Bien qu'il ne se considère pas religieux au sens strict, il tient à l'office du vendredi soir, qu'il cherche dans le monde entier lors de ses voyages. Il adopte la définition d'Emmanuel Levinas : recevoir, célébrer, transmettre, insistant sur la transmission de cet héritage à ses enfants et petits-enfants.

La fascination pour Job et la résistance spirituelle

Assouline explique sa fascination pour Job, le « juste souffrant », qui incarne la résistance contre la résignation. Il voit en Job un personnage intemporel, liant son histoire aux otages du 7 octobre ou à Jean-Paul Kauffmann, symboles de la ténacité face à la barbarie. Pour lui, Job est le premier résistant de l'histoire, refusant de trahir ses convictions malgré les épreuves.

Son univers spirituel dépasse le judaïsme, incluant une relation de cinquante ans avec les frères dominicains chrétiens de Jérusalem, basée sur une amitié intellectuelle respectueuse de son identité. Il cite des textes comme Présentation de la Beauce à Notre-Dame de Chartres de Charles Péguy ou les poèmes de Paul Celan comme sources d'éblouissement spirituel, transcendant les religions.

En conclusion, Pierre Assouline partage une vision où spiritualité et littérature s'entremêlent, guidant sa vie et son œuvre vers une quête de sens et de résistance dans un monde en mutation.

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