Pauline Klein : une quête littéraire bouleversante sur l'absence paternelle
Pauline Klein : quête littéraire sur l'absence paternelle

Pauline Klein : une quête littéraire bouleversante sur l'absence paternelle

Son père est décédé alors qu'elle n'avait que dix ans. Quarante années plus tard, Pauline Klein se lance dans une quête personnelle pour retrouver les traces de cet homme disparu. Ce parcours littéraire est à la fois beau, triste et drôle, oscillant constamment entre ces émotions contradictoires.

Une exploration littéraire de la mémoire familiale

Dans le paysage de la fiction littéraire française contemporaine, le thème familial s'est imposé comme un phare indispensable, perçant la nuit des récits personnels. « Familles, je vous haime » pourrait résumer cette tendance où romancières et romanciers explorent les relations parentales avec une intensité remarquable.

Pourtant, ce sujet n'a rien de nouveau - il est vieux comme le monde et les tragédies antiques. On pourrait parfois souhaiter que les écrivains s'extraient de la maternité qui les a vus naître ou, pire encore, du divan où ils grattent leurs blessures psychologiques.

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L'exception Pauline Klein

Mais voilà : la littérature ne se réduit jamais à un simple sujet. On peut aborder les mêmes thèmes que tout le monde, à la condition impérative de le faire de manière unique. C'est précisément le cas de Pauline Klein, cette étonnante surdouée qui publie actuellement « Pourquoi je mens », son sixième ouvrage - on hésite à écrire roman - et sans doute le plus accompli à ce jour.

Ce livre se présente comme un précis enchanté de décomposition, mais également de mélancolie, d'insolence, d'ironie et d'élégance. Il s'agit d'une œuvre littéraire qui transcende son sujet pour atteindre une dimension universelle.

Le portrait d'un père insaisissable

Au cœur de ce récit se trouve bien sûr la figure paternelle, disparue alors que Pauline Klein n'était qu'une enfant. Son père, psychiatre de profession, était décrit comme un homme extrêmement intelligent, capable de comprendre l'esprit humain avec une grande subtilité.

« Ton père était marginal. Il s'est suicidé. Il se prescrivait de la morphine, des hypnotiques, des calmants. Il n'allait pas très bien. Il allait très mal. Il était tellement heureux quand tu es née. Il avait beaucoup d'humour, il était très ironique. »

Ce portrait fragmentaire, composé de souvenirs contradictoires et d'informations partielles, constitue le point de départ de la quête de l'autrice. Comment reconstituer l'image d'un homme dont on ne sait même pas précisément de quoi il est mort ?

Une enquête littéraire et personnelle

Pauline Klein entreprend donc une véritable enquête pour retrouver cet homme évanescent, ce père qui aurait bien voulu être médecin, être père, ne pas se réduire à sa beauté et au désir qu'il inspirait aux autres.

Dans cette quête, elle est accompagnée par :

  • Les souvenirs confus de son entourage
  • Roman, un amour de jeunesse retrouvé
  • Un détective privé engagé spécialement pour cette recherche

Ce détective, à la fois cocasse et sentencieux, rappelle étrangement celui qui sert brièvement de pygmalion à Jean-Pierre Léaud dans « Baisers volés » de François Truffaut, ajoutant une dimension cinématographique à cette enquête littéraire.

Combler les vides de la mémoire

L'objectif de Pauline Klein est clair : combler les trous de sa mémoire, faire le point sur cette relation paternelle interrompue et tendre vers une ligne claire et nette. Il s'agit de donner du sens à l'insensé, de comprendre la judéité des uns, la tristesse de l'autre, et cette petite fille qui accueillit avec une sorte de joie mauvaise la disparition de son père.

Comme le disait Roland Barthes, « la mort, c'est l'événement même », et c'est précisément cet événement fondateur que Pauline Klein explore avec une profondeur littéraire remarquable.

Une œuvre qui émeut profondément

À la lecture de « Pourquoi je mens », il n'est pas interdit d'être ému. Pauline Klein réussit le tour de force de transformer une quête personnelle en une œuvre universelle sur la mémoire, l'absence et la reconstruction.

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Ce livre publié aux éditions Gallimard dans la collection « L'arbalète » compte 208 pages et est disponible au prix de 20 euros (version numérique à 14,99 euros). Il s'agit sans conteste d'une contribution majeure à la littérature française contemporaine.