L'artiste française Pauline Curnier Jardin investit les Abattoirs de Toulouse avec une exposition intitulée Madone à voir, jusqu'au 26 septembre 2021. Cette installation monumentale, composée de sculptures, vidéos et performances, revisite la figure de la Vierge Marie sous un angle féministe et politique.
Une œuvre protéiforme
Pauline Curnier Jardin, née en 1980, est connue pour ses œuvres hybrides mêlant mythes, rituels et critique sociale. À Toulouse, elle propose un parcours immersif dans l'ancien abattoir, transformé en espace de célébration et de subversion. L'exposition comprend notamment une sculpture en forme de madone de 4 mètres de haut, entourée d'objets hétéroclites.
Selon la commissaire de l'exposition, Annabelle Ténèze, « Pauline Curnier Jardin détourne les symboles religieux pour interroger les normes de genre et les rapports de pouvoir ». L'artiste elle-même explique : « Je voulais créer une figure féminine qui soit à la fois protectrice et provocatrice, une madone qui n'est pas soumise mais qui incarne une force vitale. »
Un discours féministe et politique
L'œuvre de Curnier Jardin s'inscrit dans une réflexion sur le corps féminin et sa représentation. Dans Madone à voir, elle utilise des matériaux bruts comme le plâtre, le tissu et le métal pour évoquer la fragilité et la résistance. Une vidéo montre des femmes dansant en cercle, reprenant des gestes rituels.
L'exposition a attiré plus de 15 000 visiteurs depuis son ouverture, selon le musée. Elle s'inscrit dans la programmation estivale des Abattoirs, qui met l'accent sur l'art contemporain engagé. Le directeur du musée, Olivier Michelon, souligne : « Cette exposition est un manifeste pour la liberté d'expression et la diversité des regards. »
Un parcours à travers l'histoire de l'art
Pauline Curnier Jardin puise dans l'histoire de l'art, de la Renaissance au carnaval. Elle cite notamment les œuvres de Caravage et les performances de Marina Abramović. Son travail a été présenté à la Biennale de Venise en 2019 et au Palais de Tokyo à Paris.
L'exposition aux Abattoirs est accompagnée d'un catalogue de 200 pages, avec des textes de critiques d'art et des entretiens. Le musée propose également des visites guidées et des ateliers pour enfants. L'événement a reçu un financement de 50 000 euros de la région Occitanie.



