Le festival des Passeurs de Livres a réuni 120 auteurs autour du thème des « Difficiles Libertés ». Entre canular lunaire de 1835 et clichés engagés, la réflexion sur la vérité et la liberté s’est déployée sous toutes ses formes.
Du monde sur le parking du haut Gardon malgré la chaleur
Ce samedi 6 juin marquait la fin de la 5e édition du festival des Passeurs de Livres, événement réunissant 120 auteurs et leur public autour d’une quarantaine de rencontres. Le thème de cette année, « Difficiles Libertés », est plus que jamais d’actualité.
L’histoire du premier canular international, toujours d’actualité
En cette fin d’après-midi, beaucoup se sont levés dès l’amère annonce de l’absence de l’écrivain Jean-Michel Apathie par Alain Bensakoun, maître de la conférence. « La moindre des choses, quand on est invité, c’est de venir », souffle une senior en serrant les dents. Qu’à cela ne tienne, avec Alexandre Marcinkowski en principal intervenant, le dialogue était tout aussi intéressant. L’auteur de La Mystification lunaire a enquêté sur l’histoire du tout premier canular international : en 1835, le New York Sun, presse étasunienne, sort six articles racontant comment le savant John Herschel a découvert l’existence d’« hommes chauve-souris » mais aussi de forêts sur la Lune. Une infox (ou fake news en anglais) qui traversera l’Atlantique pour arriver chez les Européens. John Herschel, qui a véritablement existé, était bien astronome mais n’a pas participé à ce canular monté de toutes pièces par Richard Locke, un piètre journaliste.
Alexandre Marcinkowski a enquêté sur les logiques de la fausse information, en décryptant les rouages d’une presse étasunienne plus libre qu’en France à la même époque, mais ô combien manipulée. Un phénomène qui a provoqué, par effet « boule de neige », le premier canular international de l’Histoire. Et toute la presse française d’alors y a mis les pieds dedans.
La remise des prix pour le concours photo d’4AH
L’autre info de ce dernier jour des Passeurs de Livres, c’était aussi la remise des récompenses du concours photo organisé par l’Association Alès Agglo Arts & Histoire (4AH). Trois prix : « Créativité, Liberté et Cliché ». Ce dernier est revenu à Éthel Grévoul avec Demain, pour avoir immortalisé de pitchounes albanais rêvassant à la vue d’une mer sans frontières. Gérard Jeanjean est arrivé premier pour « Créativité » en montrant Enfants. « Il y a une quinzaine d’années, en faisant un déménagement, je suis tombé, dans une armoire, sur une caisse remplie de vieilles poupées, évoque le photographe amateur. Ces dernières semblaient comme prisonnières de la caisse, à l’image d’enfants qui aujourd’hui encore subissent une privation de liberté. »
Le prix « Liberté » a été remis à l’ensemble de la classe femmes de l’École Sans-frontières Alès en Cévennes (Esfaec) pour la photographie au nom éponyme. « Pour illustrer ce thème, certaines ont pris des papillons, des fleurs, commente une bénévole. Au parc du Bosquet, une autre a pris le drapeau français du monument aux morts. ‘C’est ça, la Liberté’, a-t-elle dit. » Un drapeau à trois couleurs qui semble pourtant en inclure bien plus, et tout autant de nations, d’origines. Un puissant évocateur du symbole de la Liberté.



