Gisèle Pelicot dévoile ses mémoires sur l'affaire des viols de Mazan
Gisèle Pelicot, principale victime de l'affaire des viols de Mazan, publie le 17 février prochain ses mémoires intitulés Et la joie de vivre. Dans des extraits parus ce mardi, elle revient en détail sur le procès historique dont elle a été au cœur, un procès qui a secoué la France et au-delà.
Un récit personnel et poignant
Ce livre, écrit à la première personne avec l'aide de la journaliste et romancière Judith Perrignon, doit paraître chez Flammarion dans 22 langues, marquant une sortie mondiale. Gisèle Pelicot y explique notamment son choix courageux de refuser le huis clos lors des audiences, une décision qui a fait d'elle une figure emblématique de la lutte contre les violences faites aux femmes.
Le refus du huis clos : un acte de bravoure
Dans ses mémoires, Gisèle Pelicot confie : "Si j'avais eu vingt ans de moins, je n'aurais peut-être pas osé refuser le huis clos. J'aurais craint les regards, ces fichus regards avec lesquels une femme de ma génération a toujours composé." Elle ajoute que peut-être la honte s'en va plus facilement à soixante-dix ans, quand plus personne ne fait attention à vous. Elle insiste sur le fait qu'elle n'avait pas peur de ses rides ni de son corps, montrant ainsi une dignité remarquable.
Le procès et ses émotions
Le procès, débuté en décembre 2024 et conclu en octobre 2025 avec la condamnation en appel d'un des violeurs, a été historique par l'ampleur des faits, le nombre d'accusés et la demande d'audience publique. Gisèle Pelicot relate son "sentiment diffus" avant le procès, exprimant à la fois l'impatience de faire face à son agresseur, Dominique Pelicot, et la crainte des regards et mensonges des autres accusés.
Une icône malgré elle
Son courage a contribué à en faire une icône, un statut qu'elle rejette fermement. "Arrêtez de dire que je suis une icône. C'est malgré moi. Je suis une femme ordinaire qui a levé le huis clos", a-t-elle martelé devant la cour d'assises d'appel du Gard à Nîmes en octobre 2025. Elle préfère se voir comme une simple femme ayant pris une décision audacieuse pour la justice et la transparence.
Les souvenirs douloureux
Dans son récit, Gisèle Pelicot évoque aussi son incrédulité lorsqu'elle a découvert des photos d'elle lors des viols sous soumission chimique au commissariat. "Je ne reconnaissais pas les individus. Ni cette femme. Elle avait la joue si flasque. La bouche si molle. C'était une poupée de chiffon", écrit-elle, décrivant l'horreur de ces moments.
Ce livre marque un tournant dans la manière dont les victimes de violences sexuelles peuvent s'exprimer, offrant un témoignage puissant qui inspire et éclaire sur les enjeux de la justice et du courage personnel.



