Martine Barrat, photographe sans peur de la Goutte d'Or à Harlem
Martine Barrat, photographe sans peur de la Goutte d'Or à Harlem

Martine Barrat, photographe française née en 1943, a consacré sa vie à capturer l'intimité des communautés marginalisées, de la Goutte d'Or à Paris à Harlem à New York. Son œuvre, forte de 80 000 clichés, témoigne d'une approche sans peur et sans limites, selon ses proches.

Une immersion totale dans la Goutte d'Or

Arrivée dans ce quartier populaire du 18e arrondissement de Paris dans les années 1970, Martine Barrat y a vécu et photographié pendant plus de 30 ans. Elle a documenté la vie quotidienne des habitants, souvent issus de l'immigration africaine, avec une proximité rare. « Elle était comme une membre de la famille, elle entrait chez les gens sans frapper », raconte un ancien voisin.

Ses images montrent des scènes de rue, des commerces, des fêtes et des moments de tendresse. Elle a notamment suivi les boxeurs du club de la Goutte d'Or, réalisant une série de portraits puissants. Selon le critique d'art Jean-François Chevrier, « son regard était à la fois documentaire et poétique, sans jugement ».

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De Paris à Harlem : même combat

Dans les années 1990, Martine Barrat a étendu son travail à Harlem, New York, où elle a retrouvé une communauté afro-américaine en pleine mutation. Elle y a photographié les églises, les coiffeurs, les gamins dans les rues, toujours avec la même empathie. « Harlem était une extension de la Goutte d'Or, les mêmes luttes, la même dignité », confie-t-elle dans une interview de 2005.

Son œuvre compte environ 80 000 négatifs, dont une partie a été exposée au Musée d'Art Moderne de Paris en 2010. « Martine Barrat a su capter l'âme des quartiers populaires avec une sensibilité exceptionnelle », déclare la conservatrice Anne-Marie Garcia.

Un héritage à préserver

Décédée en 2023, Martine Barrat laisse un fonds photographique considérable, aujourd'hui conservé par la Médiathèque de l'Architecture et du Patrimoine. Ses archives sont régulièrement sollicitées pour des expositions et des publications. « Son travail est une mémoire vivante de ces communautés souvent invisibilisées », souligne le sociologue Michel Wieviorka.

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