Chaque semaine, « Sud Ouest » vous propose une sélection de livres jeunesse parmi les dernières parutions. Ce mardi, fuyons la chaleur et allons nous promener à l’ombre des arbres : comment les distinguer, comprendre leur cycle de vie, mais aussi… leur magie ?
Pour les petits : « Les arbres - Mon imagier nature »
Comment reconnaître un chêne, un bouleau ou un érable ? À quoi ressemblent leurs feuilles, leurs fruits, leur écorce ? Dans cet imagier très bien conçu, Adeline Ruel propose aux tout-petits une première découverte des arbres du quotidien, avec des explications courtes mais pertinentes, des schémas très clairs, et un vocabulaire précis qui permettra aux enfants de véritablement nommer ce qu’ils voient.
Les grands rabats ronds, faciles à manipuler par des petites mains, créent un jeu d’association entre les arbres et leurs feuilles et rendent cette première approche avec l’observation scientifique jolie, accessible et très concrète. Chaque arbre s’accompagne d’une anecdote, et les espèces choisies sont suffisamment courantes pour que l’enfant puisse ensuite les retrouver presque partout en France, au parc, en forêt ou dans la rue.
Derrière son apparente simplicité, ce petit livre très réussi se révèle outil d’exploration et donne envie de lever les yeux vers les arbres dès le plus jeune âge, pour savoir les distinguer.
Pourquoi on aime ? Pour la pertinence de conception de cet imagier, un format bien plus exigeant qu’il n’y paraît. Pour la possible mise en application concrète et immédiate du livre lors d’une sortie nature. Pour le premier contact avec les schémas et termes scientifiques. Pour le petit format robuste, facile à emporter partout. « Les arbres, mon imagier nature », Adeline Ruel, Flammarion Jeunesse (Père Castor), 12 pages, 10,50 euros. Dès 1 an.
Pour les moyens : « Quand un arbre tombe »
Un arbre tombe dans la forêt. On pourrait croire l’histoire terminée, mais elle ne fait que commencer. Au fil des saisons, le tronc mort devient refuge, nourriture, terrain de jeu et nouvel habitat pour une multitude d’êtres vivants : insectes, mousses, champignons, lichens, oiseaux, petits mammifères et même mollusques. En expliquant la vie à partir de la mort, ce bel album documentaire fait de l’arbre tombé une porte d’entrée pour explorer tout un écosystème en perpétuelle transformation.
Page après page, les auteurs (l’un médiateur scientifique, l’autre enseignant et naturaliste) expliquent avec précision le rôle des différentes espèces, la décomposition du bois ou encore l’influence du climat et des variations de température sur le vivant. Une belle promenade en sous-bois, mais aussi une invitation au lâcher-prise, en acceptant de laisser la nature agir et se transformer librement.
Pourquoi on aime ? Pour les très belles planches de l’illustratrice scientifique Valentina Gottardi. Pour l’invitation à observer plus finement la nature autour de soi et les écosystèmes qui la composent. Pour l’élargissement progressif du sujet, de l’arbre mort à la forêt tout entière et à notre rapport au vivant. Pour la précision des explications, termes et définitions (regroupées en glossaire en fin d’ouvrage), qui rendent le livre à la fois exigeant et accessible. « Quand un arbre tombe », Valentina Gottardi, Maciej Michno et Danio Miserocchi, Éditions Phaidon, 40 pages, 19,95 euros. À partir de 7 ans.
Pour les grands : « La maison aux roses immortelles »
En plein divorce de ses parents, Aubérie, 15 ans, est envoyée passer l’été avec sa petite sœur chez une grand-tante anglaise dont elle ignorait jusqu’alors l’existence. À son arrivée à Wistermore, immense manoir envahi par les fleurs et la végétation, l’adolescente comprend vite que quelque chose ne tourne pas rond. Des jonquilles poussent entre les lattes du parquet, un oranger gigantesque trône dans le salon, la forêt alentour semble chargée de secrets… Que se passe-t-il vraiment dans ce décor aussi enchanteur qu’inquiétant ? Quels événements ont mené à ce que sa vieille tante vive coupée du monde et se révèle aussi froide et sévère ? Et qui est ce jeune garçon aperçu au fond de l’étang ?
À seulement 24 ans, Clémence Forest signe un premier roman gothique maîtrisé, dont la fluidité de la plume nous entraîne à travers un univers végétal dense et mystérieux où tout semble respirer, observer et dissimuler quelque chose. Dans une esthétique où puissance féminine et nature se répondent sans cesse, l’intrigue emprunte volontairement des chemins familiers (secrets de famille, allers-retours entre passé et présent, amants maudits aux accents de Roméo et Juliette…) qui plairont à coup sûr aux adeptes du genre. Rien de révolutionnaire en soi, mais une mécanique très efficace, soutenue par une bonne maîtrise du suspense et quelques véritables frissons. Un très bon moment, jusqu’à la dernière page.
Pourquoi on aime ? Pour la qualité des descriptions et l’épaisseur de l’univers. Pour l’intrigue efficace, à cheval sur deux époques. Pour la réflexion sur le poids de l’héritage et l’émancipation. Pour les petites touches de légèreté qui jalonnent la partie contemporaine. « La maison aux roses immortelles », Clémence Forest, Flammarion Jeunesse, 408 pages, 17,90 euros. À partir de 13 ans.



