Le dernier texte de Lars Noren : une plongée dans l'antichambre de la mort
Lars Noren : son dernier texte posthume sur l'attente de la mort

Le dernier souffle littéraire de Lars Noren

Lars Noren, figure majeure de la littérature suédoise, s'est éteint des suites du Covid-19 le 26 janvier 2021, à l'âge de 76 ans. Sa disparition a laissé un vide dans le paysage littéraire européen, mais elle a également révélé un ultime texte, publié de manière posthume, qui vient compléter une œuvre profondément marquée par la thématique de la mort.

Une obsession littéraire : la mort en fil rouge

La mort n'était pas un sujet nouveau pour Noren. Depuis des années, elle habitait son écriture, se manifestant dans ses pièces de théâtre et ses journaux intimes. Déjà en 2003, il confiait dans son journal : « J'ai peur de mourir bientôt. » Cette angoisse existentielle a trouvé son expression la plus aboutie dans sa dernière pièce, Poussières, créée pour la Comédie-Française en 2018, où il mettait en scène dix retraités disparaissant progressivement.

'Un petit roman' : l'ultime plongée dans le couloir de la mort

Son texte posthume, « Un petit roman » (originellement En liten roman), traduit du suédois par Johan Härnsten et Amélie Wendling et publié aux éditions La Place, se situe littéralement dans l'antichambre de la mort. L'œuvre suit le parcours d'une femme condamnée à mort dans l'Indiana, attendant son exécution depuis plus de dix ans pour un crime atroce.

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Ce personnage, dont le nom est révélé, est encore vivant au moment où Noren décrit ses derniers jours – des jours qui durent depuis une éternité. L'écrivain capture avec une intensité rare la tension entre la vie qui persiste et la mort imminente, créant une atmosphère de suspens métaphysique.

Le journal d'un écrivain face à sa fin

En 2025, les mêmes traducteurs et éditeur ont donné accès à Journal d'un écrivain. 2019-2020, l'ultime année du journal de Lars Noren. Ces notes quotidiennes, détachées des milliers de pages qui composent l'ensemble de son journal (dont seule une infime partie est disponible en français), offrent un témoignage poignant de ses derniers mois.

Ce qui rend ces écrits si émouvants, ce n'est pas seulement leur statut de dernières traces, ni la projection de la mort de l'auteur sur le texte, mais plutôt la manière dont Noren s'inscrit dans un temps suspendu, paisible, baigné d'une densité lumineuse qui semble fixer la réalité en surexposition. Le journal décrit l'attente sous toutes ses formes :

  • L'attente concrète, comme celle de sa fille
  • L'attente abstraite, tendue vers le néant et le vide

Un projet littéraire inachevé dans l'ombre de la mort

Sans savoir s'il aurait le temps et la force de le mener à bien, Noren entreprit l'écriture de ce « petit roman » sur cette femme immobile dans le couloir de la mort. Ce texte devient ainsi le testament littéraire d'un auteur qui a passé sa carrière à interroger les frontières entre la vie et la mort, l'attente et l'accomplissement, la lumière et l'ombre.

La publication de ces œuvres posthumes permet de découvrir un Noren plus intime, plus vulvable, mais aussi plus déterminé que jamais à capter l'essence de l'existence humaine face à son terme inéluctable. Son héritage littéraire continue de résonner, offrant aux lecteurs une plongée profonde dans les abîmes de la condition humaine.

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