Dans « Lady Diana, ma mère et moi », Laura Tinard explore la frontière ténue entre rêve et folie à travers le regard de Rebecca, une pré-adolescente dont la mère, Cindy Mastriani, se met à incarner la princesse de Galles durant l'été 1997. Ce deuxième roman, paru le 21 août aux éditions du Seuil, plonge le lecteur dans une HLM niçoise où une mère célibataire, loin de la vie flamboyante qu'elle convoite, adopte l'accent britannique sans parler anglais, imite la gestuelle de Lady Di et fuit les paparazzis imaginaires. Le récit s'ouvre au moment des funérailles de la mère, lorsque Rebecca, désormais adulte, replonge dans ses souvenirs d'enfance.
Une fiction née d'un déclic littéraire
Laura Tinard, écrivaine et performeuse de 35 ans, explique que ce roman a connu un cheminement singulier. « Pendant un an et demi, j'ai travaillé sur un livre autour d'une femme qui se prenait pour une mère infanticide célèbre. Dans ce manuscrit, il y avait une phrase qui disait “Ma mère n'avait jamais mis les pieds au Royaume-Uni, elle n'avait jamais fréquenté un Britannique, mais elle portait le même maillot léopard que celui de la princesse.” » Ce détail vestimentaire a déclenché une prise de conscience : « Je me suis dit que mon roman était là, autour d'une mère qui se prenait pour Lady Di. J'ai recommencé à zéro. »
L'autrice précise que cette histoire n'est pas autobiographique : « Ce n'est pas ma vraie vie, c'est une fiction. Cela peut faire écho à ma vie, mais avec un trait grossi. » Elle reconnaît toutefois que sa propre mère possédait plusieurs vêtements iconiques de la princesse, comme le maillot léopard, des ballerines ou la doudoune rouge portée par Diana au ski, découverts dans les albums de famille.
Une fascination pour l'humanité de Diana
Pour préparer son livre, Laura Tinard s'est plongée dans la biographie « Diana : Her True Story » du journaliste Andrew Morton. « Ce qui m'a fascinée, c'est son humanité et sa fragilité. C'était une femme très New Age, et cela dérangeait le palais. On y disait d'elle qu'elle était folle, qu'il fallait lui donner des médicaments pour qu'elle se taise. » Cette compréhension intime de la princesse a nourri le personnage de Cindy, qui fusionne progressivement avec Lady Di, allant jusqu'à considérer Rebecca comme sa fille cachée, rejoignant Harry et William (représentés par des poupées) pour jouer.
L'autrice assume le risque que son travail littéraire soit éclipsé par l'attrait people autour de Diana : « Je me dis que si Lady Diana est un cheval de Troie pour que le roman existe, qu'il soit lu par le plus grand nombre et que je puisse parler de mon histoire, de littérature et d'art, c'est un moindre mal. »
Un héritage paternel de paillettes et d'audace
Laura Tinard révèle que la personne qui se rapproche le plus de Cindy Mastriani est en réalité son père, photographe pour la presse automobile et chasseur d'images pendant le Festival de Cannes. « Il m'a toujours montré les stars, les yachts. Et je me suis toujours dit que je pourrais rentrer n'importe où. En fait, c'est comme un jeu pour moi. » Ce jeu, elle l'a poursuivi récemment sur le port de Nice, où elle a réussi à se faire inviter à bord d'un yacht pour la promotion de son livre.
Interrogée sur ce paradoxe avec sa culture punk, elle répond : « Il existe toutes sortes de punks. On peut être très éduqué, aimer l'argent, tout en ayant des idées à contre-courant. »
Des dédicaces en région PACA
Laura Tinard sera présente pour des séances de dédicaces : le 15 octobre à la Librairie Masséna à Nice (19 h), le 17 octobre à La Joie de lire à Antibes (15 h), le 26 octobre à la Librairie du Cap à Saint-Laurent-du-Var (16 h), et du 20 au 22 novembre à la Fête du livre de Toulon.



