Carla Demierre publie «La Fille de Mars» aux éditions Verticales, un récit qui interroge la frontière entre réel et imaginaire à travers le parcours de sa mère, médium, et ses communications avec des entités extraterrestres. L'ouvrage, paru le 28 août 2026, mêle enquête familiale, journal intime et réflexion sur la crédulité.
Une mère médium et des messages venus d'ailleurs
Le livre s'ouvre sur une scène saisissante : la mère de l'autrice, installée dans un salon, entre en contact avec «les frères de l'espace». Elle transmet des messages d'entités venues de Mars, de Vénus ou de la ceinture d'astéroïdes. Carla Demierre, alors enfant, assiste à ces séances avec un mélange de fascination et de doute.
L'autrice reconstitue le parcours de sa mère, qui a commencé à recevoir ces messages après un accident de voiture. Ce traumatisme aurait ouvert une porte vers un autre monde, selon le récit familial. Demierre interroge les cahiers où sa mère consignait ses communications, et tente de comprendre comment une femme rationnelle a pu basculer dans cette croyance.
Une enquête intime sur la transmission et la croyance
«La Fille de Mars» n'est pas un simple témoignage : c'est une enquête. Carla Demierre fouille les archives familiales, interroge les proches, et confronte les récits. Elle découvre que sa mère n'était pas la seule à recevoir ces messages : un petit groupe de «contactés» se réunissait régulièrement, dans les années 1970, pour échanger sur les communications extraterrestres.
L'autrice explore également la dimension thérapeutique de cette croyance. Après l'accident, sa mère souffrait de douleurs chroniques et d'anxiété. Les séances de médiumnité lui permettaient de canaliser son angoisse et de donner un sens à sa souffrance. Demierre ne juge pas, mais elle montre comment le paranormal peut servir de béquille psychologique.
Un récit à la frontière du documentaire et de l'intime
Le style de Carla Demierre est sobre, précis, presque clinique. Elle alterne entre le récit à la première personne et des extraits des cahiers de sa mère. Cette construction donne au livre une dimension documentaire, tout en laissant place à l'émotion. L'autrice raconte comment elle a longtemps eu honte de cette histoire, avant de décider d'en faire un livre.
«La Fille de Mars» interroge aussi la transmission : que transmet-on à ses enfants, consciemment ou non ? Carla Demierre, qui est devenue écrivaine, voit dans cette enquête une manière de comprendre sa propre construction. Le livre se termine sur une note d'apaisement, où l'autrice accepte l'héritage de sa mère sans y adhérer.
Publié aux éditions Verticales, l'ouvrage est disponible en librairie depuis le 28 août 2026. Il s'inscrit dans la lignée des récits intimes qui explorent les marges de la psyché, à la manière d'Annie Ernaux ou de Didier Eribon, mais avec une dimension fantastique assumée. Carla Demierre y signe un premier livre remarqué, qui devrait susciter des débats sur la place du paranormal dans nos vies.



