Hugo Lindenberg explore la figure paternelle et les blessures de l'enfance dans son nouveau roman
Hugo Lindenberg : un roman sur le père et les traumatismes d'enfance

Hugo Lindenberg signe un roman poignant sur la figure paternelle et les traumatismes de l'enfance

Dans son troisième roman, Hugo Lindenberg, psychologue clinicien de profession, explore avec profondeur les thèmes de la filiation, de la transmission et du désir d'enfant. Publié le 20 avril 2026, cet ouvrage s'inscrit dans une trilogie littéraire consacrée à l'enfance et ses blessures, suivant les volumes Un jour ce sera vide et La Nuit imaginaire.

Une trilogie sur l'émancipation de l'enfance

L'auteur explique que ces trois romans forment un triptyque cohérent, bien que sans narrateurs identiques. "Je voulais écrire sur la figure du père, sur la filiation, la transmission et le désir ou pas d'enfant", confie-t-il. Il cite notamment l'influence du livre Kaddish pour l'enfant qui ne naîtra pas d'Imre Kertész, qui aborde des questions similaires avec une grande sensibilité.

Un retour dans l'appartement haï du père

Le récit suit un narrateur qui revient à Paris depuis la Californie, dans l'appartement de son père récemment décédé, un lieu qu'il a toujours détesté. Ce retour est une nécessité pour le personnage, qui cherche à se réconcilier avec son passé traumatique afin d'envisager sa propre paternité. La première partie du roman met en scène une procrastination symbolique, illustrant la difficulté d'affronter les lieux chargés de souvenirs douloureux.

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Hugo Lindenberg souligne l'importance de la littérature pour réenchanter ces espaces : "Je voulais explorer cette idée de procrastination, car il y a des lieux dont il est difficile de s'approcher parce qu'ils sont caractéristiques d'un traumatisme". Il questionne si certains endroits ne peuvent être abordés que par la fiction, offrant ainsi une voie de guérison inaccessible dans la vie réelle.

La rencontre comme voie de réparation

Dans l'immeuble de son enfance, le narrateur noue des liens avec d'autres habitants, créant ainsi de nouvelles relations là où il n'y avait autrefois que vide et absence d'amour. L'auteur rejette l'idée de régler des comptes ou de tourner la page, préférant montrer comment la rencontre peut transformer un lieu de souffrance en espace de joie et de connexion humaine.

"Dans la vie, ce qui nous décale de la répétition et de la rumination, c'est la rencontre", affirme Hugo Lindenberg. Cette approche permet au personnage de s'extirper de son monde intérieur pour habiter pleinement le monde partagé avec les autres, un thème central dans l'œuvre de l'auteur.

Le prix Habiter le monde et la concurrence littéraire

Ce roman est en lice pour la 6e édition du prix Habiter le monde, lancé en 2021 par Midi Libre et la librairie Sauramps de Montpellier. Ce prix récompense un auteur qui témoigne de l'art d'habiter le monde face aux bouleversements sociétaux et climatiques. Les autres finalistes incluent des œuvres d'Eric Pessan, Fabrice Capizzano, Pauline Peyrade et Elea Marini, cette dernière offrant un récit sur la réparation au cœur du chaos.

Hugo Lindenberg conclut en insistant sur l'importance de trouver un espace commun à travers la rencontre : "Cet espace commun, c'est le monde. Ça nous coûte tous, en fait, d'habiter le monde, de ne plus regarder les choses que de notre manière. Mais la voie pour y parvenir, c'est la rencontre". Son roman incarne ainsi une quête de guérison et de connexion, invitant les lecteurs à réfléchir sur leurs propres héritages familiaux.

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