Entre seuls-en-scène et théâtre de troupe, entre classiques et contemporains, le festival sis au château qui domine le Fumélois propose, du 1er au 6 août, six spectacles ouverts à tous les publics. Le théâtre n'est-il pas simplement la vie mise en scène ? La vie n'est-elle pas la recherche d'un idéal inaccessible ? Inutile de plancher des heures sur ces questions philosophiques. Les réponses se trouvent, cet été, dans les fossés du château de Bonaguil, où le Festival de théâtre redéploiera ses fastes, du 1er au 6 août.
Une programmation diversifiée
Ce mercredi 20 mai, Maryse Sicot, la présidente, et Frédéric Bernhard, le directeur artistique, ont présenté une programmation très diversifiée avec du théâtre classique et du contemporain, des seuls en scène, des spectacles de troupe, des comédies et des sujets graves. « Le Festival est un véritable reflet du théâtre français actuel », a déclaré le directeur.
« Nous avons voulu, comme de coutume, proposer des spectacles accessibles mais sans facilité, ambitieux mais n'excluant personne », annonçait le directeur, en préambule, qui veut également que le Festival soit « un véritable reflet du théâtre français actuel : un théâtre de l'imaginaire, dans lequel le spectateur comble lui-même les images suggérées, des mises en scène conduisant à l'émotion collective, un théâtre qui s'adresse à la fois à la raison et au cœur ».
Les six spectacles à l'affiche répondent effectivement à la volonté affichée des organisateurs et un fil, ténu mais bien présent, les réunit : la soif d'idéal de la quasi-totalité des personnages des pièces.
Le coup de cœur : « Une vie sur mesure »
Les trois coups seront initiés par Benoît Solès, qui avait marqué le Festival 2019 avec « La Machine de Turing ». Il revient pour une nouvelle performance dans laquelle il prête sa voix à Ali Agca, le jeune turc qui a tenté de tuer Jean-Paul II. Les « 22 minutes », titre du spectacle, sont celles de la rencontre des deux protagonistes dans la prison. « Pardon et rédemption, de l'humanisme fait théâtre », résume Frédéric Bernhard.
Un autre récit de vie bouleversant est celui de Mina et Fereydoun qui parcourent les « 4 211 km » séparant Téhéran de Paris pour fuir le régime du Shah et gagner leur liberté. Yalda, leur fille née à Paris, raconte leur vie d'exilée, leur combat pour la liberté dans « un spectacle où des scènes très drôles peuvent être suivies de l'horreur totale ».
Dans « Une vie sur mesure », Adrien Lepage, considéré comme « neuro atypique », vit une passion absolue pour sa batterie. Cédric Chapuis, le dramaturge, fait entrer le public dans les rêves de ce jeune espiègle grâce à Pierre Martin-Banós, un comédien batteur exceptionnel : « Le coup de cœur » du Festival.
Des classiques dépoussiérés
« Le Schpountz », célèbre naïf rêveur inventé par Pagnol et campé par Fernandel au cinéma en 1938, arrive sur les planches pour la première fois avec toute la truculence, l'accent et les dialogues savoureux de l'original. « Si cette comédie familiale semblait datée, son adaptation la rend éternelle », commente le directeur.
Et que dire des « Fourberies de Scapin », spectacle éminemment familial, sinon qu'il ravira un très large public ? La clôture se fera, comme toujours, en musique avec « Operetta ». Le metteur en scène Jordí Purtí et les quatorze artistes, chanteurs lyriques formés au burlesque de la compagnie catalane Cor de Teatre, rendent hommage à l'opéra dans une version tourbillonnante.
Programme et pratique
- Samedi 1er août : « 22 minutes », de et avec Benoit Solès.
- Dimanche 2 août : « 4 211 km », écrit et mis en scène par Aïla Navidi.
- Lundi 3 août : « Une vie sur mesure », de Cédric Chapuis.
- Mardi 4 août : « Le Schpountz », de Marcel Pagnol.
- Mercredi 5 août : « Les Fourberies de Scapin », de Molière.
- Jeudi 6 août : « Operetta », de Jordí Purtí.
Tous les spectacles ont lieu à 21 h 30 dans les fossés du château. Tarifs : de 5 à 37 euros selon les soirées et les publics, avec des abonnements possibles pour quatre spectacles au choix, ou pour l'intégralité. Les réservations ouvriront le mercredi 1er juillet, directement à la Maison du festival, 2, place Georges-Escande ; par téléphone au 05 53 75 45 19 ou en ligne sur www.festivaldebonaguil-fumel.fr.



