Falmarès, du parcours migratoire à l'ambassade de la paix par la poésie
Ce samedi 28 mars, le temple de Blauzac, situé sur la route de Nîmes dans le Gard, accueillera un événement culturel singulier. L'association blauzacoise Écrilire invite Falmarès, poète, écrivain, dessinateur et peintre émérite, ainsi qu'ambassadeur de la paix, pour animer deux ateliers d'écriture. Ces rencontres offriront au public l'opportunité de découvrir l'univers créatif de cet artiste au parcours hors du commun, marqué par la résilience et l'espoir.
Un parcours de vie marqué par l'exil et la renaissance artistique
Né le 19 décembre 2001 à Conakry en Guinée, Falmarès a quitté son pays en 2016 dans des conditions qu'il décrit comme effroyables. Son long périple l'a conduit dans un camp de migrants en Italie, où il a écrit ses premiers vers, avant de finalement rejoindre la France. "J'avais 15 ans quand je suis arrivé en Italie. J'avais du mal à dormir après tout ce que j'avais traversé en une année. J'ai failli mourir plusieurs fois, c'étaient très difficile, j'étais traumatisé par tout ça", confie-t-il. C'est dans ce contexte difficile qu'est né son désir de lecture, qui l'a poussé à écrire en français, une langue qu'il maîtrisait déjà grâce à son éducation dans un pays francophone.
La reconnaissance artistique est venue rapidement. Dès 2017, l'Unicef lui décerne le prix de la poésie des lycéens, suivi en 2020 par sa nomination en tant qu'ambassadeur de la paix. Son premier recueil de poèmes, "Soulagements : amours et douleurs", est publié en 2018, ouvrant la voie à cinq autres ouvrages, dont le dernier, "Le jardin flamboyant", paru en février 2026.
Un engagement associatif et pédagogique fort
Falmarès ne se contente pas d'écrire ; il partage activement sa passion. Depuis plusieurs années, il anime régulièrement des ateliers d'écriture dans des collèges, des lycées et avec diverses associations. "C'est pour moi une manière de partager des rencontres et montrer que l'on s'amuse en écrivant de la poésie, c'est important. Aujourd'hui on a une forme libre de poésie et tout le monde peut en écrire", explique-t-il.
Son engagement a pris une dimension particulière il y a deux ans, lorsqu'il a été invité à la médiathèque de Nîmes. C'est là qu'il a rencontré Georges Lançon du Comité citoyen pour l'accueil des réfugiés en Uzège (CCARU). Cette rencontre l'a conduit à Uzès en avril 2025, où il a interagi avec des collégiens et participé à plusieurs activités associatives.
Deux ateliers pour explorer la création poétique
Les ateliers de ce samedi se dérouleront à 10 heures et à 14 heures, durant environ deux heures chacun. Falmarès y partagera son amour des mots et livrera quelques-unes des clés qu'il utilise pour écrire, invitant les participants à découvrir la poésie sous un jour accessible et joyeux. L'inscription est fixée à 15 euros par atelier, avec une réservation par email à ecrilire30@gmail.com, en précisant l'horaire choisi.
À travers ces animations, Falmarès incarne un message de résilience et d'universalité, résumé par sa propre déclaration : "Je ne suis pas migrant, je ne suis pas exilé, je ne suis pas homme de couleur, je suis un enfant de tous pays". Son parcours, de Conakry à Blauzac, témoigne de la puissance de l'art pour transcender les épreuves et construire des ponts entre les cultures.



