Fabienne Bichet, de 'mauvaise fille' à auteure : un témoignage littéraire poignant
Fabienne Bichet : du dossier 'fille perdue' à l'écriture libératrice

Fabienne Bichet : une voix littéraire née des ruines du passé

Dans l'intimité chaleureuse de La librairie qui relie à Génolhac, Fabienne Bichet dévoile son parcours hors du commun. Cette écrivaine, autrefois étiquetée "mauvaise fille, déviante" dans les dossiers institutionnels des années 1950 aux années 1980, a transformé ses blessures en force créatrice.

De l'étiquette infamante à la libération par l'écriture

Devant un public attentif de vingt personnes, dont quatre hommes et seize femmes, Fabienne Bichet dénoue sa chevelure rousse avec une énergie communicative. Son sourire radieux et ses yeux profondément affectueux contrastent avec la gravité de son récit. Vêtue d'un pull de laine blanc acheté à la recyclerie voisine, elle plonge immédiatement l'auditoire dans l'océan tragique de son histoire.

"Née sous X d'une mère qui n'a jamais fait partie de ma vie", confie-t-elle d'une voix douce où perce encore une douleur palpable. Cette absence originelle a marqué son existence, mais ne l'a pas définie.

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Un témoignage littéraire comme acte de transmission

Dans un flot de paroles révélatrices, Fabienne Bichet précise sa démarche : "Ce n'est pas une réparation, mon livre. C'est un témoignage, une transmission, bâtie sur des ruines." Son ouvrage "Moi, Fabienne B., mauvaise fille" aux Éditions Textuel représente bien plus qu'un simple récit autobiographique.

Elle évoque avec franchise l'époque de "l'impensable institution catholique du Bon Pasteur, où le corps de la femme était presque un danger public". Cette expérience institutionnelle a forgé sa détermination à avancer coûte que coûte.

La résilience comme moteur créatif

Fabienne Bichet décrit son parcours comme "une marche en avant, sans se retourner, tout en cherchant toujours et toujours, en elle, sa survie pour enfin vivre". Son hyperactivité, qu'elle assume pleinement, devient une force : "Hyperactive, on n'est pas centrée sur soi !"

À ses côtés, la libraire Pauline Roux, particulièrement sensible à son histoire, a fait de ce livre un coup de cœur qu'elle tenait à partager avec le public. Cette rencontre littéraire exceptionnelle révèle comment une vie marquée par l'abandon et les étiquettes institutionnelles peut se transformer en une œuvre de transmission puissante.

Fabienne Bichet incarne aujourd'hui cette résilience créatrice, passant du statut de "fille perdue" à celui d'auteure maîtresse de son propre récit, installée au contact direct des lecteurs dans le Gard.

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