Daniel Guichard, une vie tranquille à Sauvian : "L'avantage des vieux chanteurs, ce sont leurs chansons"
Daniel Guichard : "L'avantage des vieux chanteurs, ce sont leurs chansons"

Daniel Guichard, une vie paisible à l'écart des projecteurs

Dans une petite impasse de Sauvian, derrière un large portail où stationne son immense camping-car, Daniel Guichard a trouvé son havre de paix. Le chanteur de 77 ans, célèbre pour des tubes comme Mon vieux (1974) et Le Gitan (1982), mène une existence tranquille, loin de l'agitation du show-business. C'est dans son bureau-studio, tapissé d'affiches de concerts, qu'il reçoit pour un café et se confie sur sa carrière hors normes.

Une carrière menée en toute indépendance

Daniel Guichard a toujours choisi sa voie, refusant les compromis. "Je me suis mis tout le métier à dos", reconnaît-il avec un sourire, mais cela ne l'a jamais empêché de poursuivre sa passion. Dès le début, il a opté pour une distribution autonome, souvent aidé par sa famille, structurant sa carrière autour du plaisir simple de chanter et de partager des émotions.

Son installation dans le Sud fut un choix délibéré : "J'en ai eu marre de Paris. Un copain habitait par ici." Après un spectacle à Perpignan, il découvre la région et s'établit finalement à Sauvian, où il a pu élever ses enfants. "Le ciel me plaît, il est gratuit", résume-t-il, soulignant son attachement à cette vie discrète.

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La scène, un plaisir intact

Malgré son âge, Daniel Guichard continue de se produire, au gré des opportunités. "L'avantage des vieux chanteurs, c'est qu'ils ont des chansons qui ont marché un peu", dit-il avec humour. Pour lui, le succès d'un spectacle se mesure à une simple phrase du public : "On n'a pas vu le temps passer."

Sa mobilité est assurée par son camping-car, qu'il considère comme sa "maison qui roule". "Quand je pars en tournée, je prends le camping-car. Celui-ci (7 tonnes), c'est le 3e de ce gabarit, le 4e depuis 2006", précise-t-il. Un confort essentiel pour cet artiste qui se dit "un peu casanier".

Lucide et serein face à l'avenir

Daniel Guichard aborde sa carrière avec humilité et réalisme. "Ça ne me gêne pas si je dois être oublié", lâche-t-il, tout en reconnaissant que sa popularité traverse les générations. Il aimerait sortir un nouveau disque avant la fin de l'année, mais insiste : "Je ne peux pas aller à la facilité. C'est d'abord à moi d'être touché par ce que je dis."

Le chanteur a tiré des leçons de son parcours : "J'ai toujours pensé que les chansons ne servaient à rien, en fait, elles servent à beaucoup. Elles sont un défouloir fabuleux." Parmi ses titres, Mon vieux occupe une place particulière : "Quand je chante Mon vieux, il se passe toujours quelque chose."

Engagements et coups de cœur

Daniel Guichard reste attentif à l'actualité, qu'il commente avec un certain cynisme : "À part l'Iran et Trump, tout va bien on dirait." Récemment, il a rejoint le mouvement des Gueux aux côtés d'Alexandre Jardin, s'inquiétant de l'évolution de la société : "Il y a de moins en moins d'égalité. La liberté est très relative. J'ai peur d'un fascisme 2.0."

Localement, il affectionne la plage de Vendres, "un lieu où j'allais quand je n'allais pas très bien". Côté gastronomie, il regrette la fermeture du restaurant L'Harmonie à Sérignan, et précise qu'il ne boit plus d'alcool depuis 40 ans.

Une philosophie de vie simple

Nostalgique ? "Quand il ne se passe rien je ne suis pas malheureux", assure-t-il. "Pendant 12 ans, je n'ai pas fait de disque, la Terre a continué de tourner. Je ne suis pas aigri ou nostalgique, je me marre en faisant ce métier."

Sa liberté a un prix : "Chaque fois que vous commettez une erreur, vous passez à la caisse. La vie coûte cher et ce métier coûte cher…" Mais à 77 ans, Daniel Guichard continue de chanter, animé par cette même flamme qui l'a guidé tout au long de sa carrière singulière.

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