Les coups de cœur littéraires de la semaine : du féminicide à la crise climatique
Coups de cœur littéraires : féminicide, pouvoir et climat

Une sélection éclectique de lectures captivantes

Chaque semaine, la rédaction de « Sud Ouest » partage ses coups de cœur littéraires, offrant aux lecteurs une plongée dans des univers variés et enrichissants. Cette édition présente des œuvres qui oscillent entre l'intime et le politique, le fantastique et la réalité, avec des récits puissants et des essais percutants.

Récits intimes et explorations littéraires

Emily Barnett revisite le féminicide de Sophie Toscan du Plantier, survenu en Irlande en 1996, dans « Debout comme une reine » (éd. Gallimard, 216 pages, 20,50 €). Ce livre se construit sur un échange profond entre la journaliste et scénariste et son personnage, qu'elle découvre presque par hasard et qui devient son âme sœur. À mi-chemin entre conte fantastique et fait divers, cette œuvre exorcise les peurs personnelles de l'autrice.

Colombe Schneck propose « Philip & moi » (éd. Stock, 360 pages, 22 €), un roman qui explore l'amitié contrariée entre Philip Roth, géant des lettres américaines, et Francine du Plessix, écrivaine et critique. Le récit est vu à travers les yeux d'une jeune fille au pair employée par la Franco-Américaine, qui deviendra trente ans plus tard romancière. Ce livre est peut-être aussi un autoportrait secret de son autrice.

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Julian Barnes, écrivain britannique de 80 ans, signe « Départ(s) » (éd. Stock, 240 pages, 20,90 €), présenté comme son dernier livre. Entre fiction et réalité, humour et pudeur, cette histoire d'amour suit deux amis d'université qui se sont aimés puis séparés dans les années 1960. Quarante ans plus tard, Julian tente de les réunir à nouveau, offrant une réflexion touchante sur les relations humaines.

Romans engagés et polars sombres

Christopher Laquièze, influenceur littéraire frondeur, fait ses débuts avec « La Rosa Perdida » (éd. Lattès, 270 pages, 20 €). Ce roman entraîne les lecteurs dans un village sud-américain soumis à la folie d'un dictateur, et derrière les portes d'un bordel où se rafistolent les âmes désespérées et où s'enchantent les corps meurtris.

Lionel Destremau, patron du salon girondin Lire en poche et lauréat du prix du Goéland Masqué 2023, invite à « Voir Venise… » (éd. Melmac, 172 pages, 10 €). Ce polar suit Paul Fichard, un looser opprimé par sa belle-famille, qui découvre l'horreur dans l'appartement voisin lors d'un séjour dans la cité des Doges, lors d'une mortelle randonnée en Italie.

Benjamin Dierstein clôture une trilogie monumentale avec « 14 juillet », explorant la face sombre du pouvoir sur près de cinquante ans, entre faits historiques et fiction immersive. Ce roman noir breton offre une plongée magistrale dans les dynamiques du pouvoir.

Essais percutants sur la société et l'environnement

Arnaud Miranda, docteur en théorie politique, signe « Les Lumières sombres. Comprendre la pensée néoréactionnaire » (éd. Gallimard/Le Grand Continent, 160 pages, 18 €). Ce grand livre analyse les dynamiques qui animent le trumpisme et qui lui survivront, jetant une lumière sur l'ombre portée sur les démocraties.

Clément Jeanneau et Antoine Poincaré plaident dans « Gérer l'inévitable : repères face à la dérive climatique » (éd. Terre à Terres/ L'Aube, 230 pages, 20 €) que s'adapter au climat qui s'annonce requiert un changement d'échelle. Cet essai souligne que c'est une question de survie pour les sociétés et leurs citoyens, offrant des repères essentiels face à la crise environnementale.

Cette sélection hebdomadaire prouve la richesse et la diversité de la littérature contemporaine, invitant les lecteurs à explorer des thèmes profonds et actuels à travers des récits captivants et des analyses pertinentes.

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