Claude Ventura, figure emblématique du photojournalisme français, a accordé un entretien au Point dans lequel il revient sur sa carrière et sa vision de l'image. « Je suis moins un photographe qu'un mec d'images », confie-t-il, résumant ainsi une approche qui transcende les frontières traditionnelles de la discipline.
Un parcours hors norme
Né en 1938, Ventura a débuté sa carrière dans les années 1960, collaborant avec des magazines tels que Paris Match, Life ou encore Time. Il a couvert des événements majeurs, de la guerre du Vietnam aux révolutions culturelles, en passant par les grands du cinéma et de la musique. Son œil a su capter l'essence de chaque instant, avec une sensibilité rare.
« J'ai toujours considéré la photographie comme un moyen de raconter des histoires, pas seulement de figer des instants », explique-t-il. Cette philosophie l'a conduit à réaliser des reportages approfondis, parfois sur plusieurs années, comme son travail sur les gitans ou sur le tour de France.
Un regard sur le monde
Ventura évoque également son rapport à l'actualité et à l'engagement. « La photographie est un acte politique, même quand on ne le veut pas », affirme-t-il. Il cite l'exemple de ses clichés sur la guerre du Vietnam, qui ont contribué à éveiller les consciences. « Montrer la réalité, c'est déjà prendre parti. »
Interrogé sur l'évolution du métier, il regrette la dictature de l'immédiateté et la perte de profondeur dans le photojournalisme contemporain. « Aujourd'hui, tout va trop vite. On ne prend plus le temps de comprendre, de s'imprégner. »
Une œuvre intemporelle
Malgré les transformations du secteur, Ventura reste optimiste quant à l'avenir de la photographie. « Il y aura toujours des gens pour chercher la vérité, pour essayer de capturer l'émotion. » Son travail, exposé dans le monde entier, continue d'inspirer les jeunes générations.
« Ce qui compte, ce n'est pas la technique, c'est le regard. Un bon photographe, c'est quelqu'un qui sait voir là où les autres ne voient rien. »



