Claude François à Bordeaux : les archives révèlent le strass et le stress de l'idole
Claude François à Bordeaux : strass et stress de l'idole

Claude François à Bordeaux : les archives révèlent le strass et le stress de l'idole

ARCHIVES - L'artiste phare de la variété française des années 60 et 70 aurait célébré son 80e anniversaire aujourd'hui. Le 14 mars 2012, le journal Sud Ouest revenait sur les passages mémorables et parfois tumultueux de Claude François dans la ville de Bordeaux, dévoilant un portrait contrasté de l'idole nationale.

Une époque révolue de production frénétique

C'était véritablement une autre époque ! Les stars n'avaient pas besoin d'être rares pour fasciner le public. Claude François sortait des 45-Tours à la chaîne et, en véritable marathonien de la scène, il se produisait quasiment chaque année à Bordeaux, créant à chaque fois l'événement.

Le 29 juin 1969, Sud Ouest titrait « Affluence record » à propos de la fête des municipaux FO, une « fête champêtre » dont la vedette n'était autre que Claude François lui-même. Le journaliste décrivait alors un artiste « ridé à quatre épingles, sous le fond de teint qui déteint dans la moiteur du parc bordelais », capturant ainsi l'atmosphère particulière de ces représentations estivales.

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Les scènes bordelaises : un terrain de jeu régulier

Claude François apparaissait fréquemment sur les scènes bordelaises, toujours vêtu de costumes aussi cintrés que scintillants. En mars 1973, il participait au « Gala du feu » organisé par les pompiers à l'Alhambra, rue D'Alzon, avec en première partie un « nouvel espoir de la chanson » : le jeune Alain Chamfort.

L'infatigable Cloclo se produisait ensuite au Macumba en août de la même année, puis en février 1975 au Palais des sports où « Cloclo fait un triomphe » face à 4 000 Bordelais survoltés. Cependant, comme le notaient déjà les critiques de l'époque, l'abattage scénique n'était pas toujours un gage de qualité artistique.

Les relations tumultueuses avec la presse et le public

En juin 1977, le chanteur jouait aux Quinconces et Sud Ouest titrait de manière prémonitoire : « Claude François, une bombe à retardement ». Le journaliste Jean-Marc Faubert déplorait alors : « Attendu à 21 heures sous son chapiteau, il n'a daigné se montrer que trois heures plus tard […] Un tel procédé, tout cavalier qu'il soit, obtient l'effet recherché. L'idole adulée l'emporte à la fin des fins sur les quelques grincheux qui évoquent la politesse des rois… ».

Quelques mois plus tard, en août 1977, le même journaliste décrivait « un énorme tape à l'œil à l'américaine » et « une esbroufe permanente », avant d'évoquer l'envers du décor peu reluisant : « À vouloir trop en faire, Claude François devient odieux. En tournée, il est le patron, exigeant et irascible. Dans sa roulotte transformée en loge, il passe son temps à terroriser son entourage ».

Les coulisses d'une interview révélatrice

Jean-Marc Faubert racontait également les coulisses de son interview du chanteur : « On me conduit dans la salle du trône. Le roi semble en forme. Il est maquillé et a revêtu son habit de lumière. Il n'aurait jamais admis de me recevoir avant que le dernier bouton de sa veste pailletée n'ait été astiqué ». L'anecdote se poursuivait avec cette révélation cinglante : lorsqu'une fille égarait la clé d'un camion-vestiaire, l'adorable Clo-Clo commentait : « C'est une imbécile, j'ai toujours pensé qu'elle n'arriverait à rien ».

La fin d'une époque et un hommage inattendu

La chute de l'article original regrettait « la splendeur disparue des yéyés », anticipant sans le savoir la fin tragique qui surviendrait l'année suivante. Claude François mourrait en 1978, laissant derrière lui un dernier disque au titre prémonitoire pour les Bordelais : « Bordeaux rosé », une chanson au rythme vaguement reggae qui constituait un hommage inattendu à la ville qui l'avait tant accueilli.

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Ces archives précieuses nous rappellent combien l'artiste, malgré ses excès et ses contradictions, a marqué durablement le paysage musical français et les scènes régionales comme celle de Bordeaux, où son passage laissait chaque fois une empreinte indélébile mêlant admiration et controverses.