Un nouveau voyage littéraire en Espagne
Comme elle l'avait fait avec l'Italie, l'écrivaine Christiane Rancé nous entraîne en Espagne, son autre pays de cœur, entre fête et foi, surréalisme et sainteté, volupté et tragédie. Impossible de ne pas partager son amour pour cette terre aux multiples facettes.
Entre Italie et Espagne : un cœur qui balance
Trois ans après avoir transporté son lecteur chez le voisin transalpin, Christiane Rancé nous offre un nouvel itinéraire amoureux, cette fois de l'autre côté des Pyrénées. Espagne et Italie ont évidemment plus d'un point commun, au-delà de leur héritage latin et de la Méditerranée. Si la France est considérée comme la fille aînée de l'Église, nul doute qu'Italie et Espagne en sont les filles favorites. Cela n'est pas sans importance pour Christiane Rancé qui a publié de nombreux et remarquables ouvrages sur les saints ou le catholicisme.
Une terre de légendes et de pèlerinages
Comme elle le rappelle, avec une érudition qui n'en fait jamais trop, l'Espagne est bien sûr la terre du Cid, de Don Quichotte et de Carmen, ainsi que de nombreux illustres peintres : Le Greco, Velázquez, Goya, Dali ou Picasso pour ne citer qu'eux. C'est aussi un sol et un ciel qui attirent des millions de pèlerins, soit vers Avila, soit vers Saint-Jacques-de-Compostelle.
Toutes ses Espagnes
Des routes profondément mystiques dans un pays que Christiane Rancé, bien en peine de lui trouver un dénominateur commun – au point qu'elle préfère parler de « mes Espagnes » – se résigne à le qualifier de « déroutant », et pas seulement à cause de l'horaire des repas, évoqué avec une autodérision rafraîchissante qui fait du bien quand on visite Séville au mois d'août. Les riverains de la Bidassoa regretteront sans doute qu'elle passe un peu vite au Pays basque qui fut, avec la Catalogne, la bête noire du dictateur Franco, mais Christiane Rancé s'attarde en revanche en pays catalan puisque Cadaqués fut, à l'âge de l'enfance, sa première découverte de l'Espagne. Elle évoque Madrid, « épicentre du franquisme » et berceau de la Movida, terme qui n'a rien de local, puis l'Aragon après le franchissement du tunnel d'Aragnouet, la Galice et l'Andalousie. Des régions qui font la beauté et la diversité de l'Espagne à laquelle la voyageuse amoureuse attribue quand même ce puissant triptyque : « Mort, catholicisme, surréalisme. » Alors oui, viva España !
« Que viva España. Un itinéraire amoureux », de Christiane Rancé, éd. Tallandier, 445 p., 22,50 €.



