Le réalisateur et acteur Bruno Podalydès confie dans un entretien au journal Libération comment une phrase de Sigmund Freud a bouleversé sa vie. Cette citation, issue de l'œuvre du père de la psychanalyse, lui a permis de se libérer d'un sentiment de culpabilité qui le hantait depuis des années.
La phrase libératrice
La phrase en question est : « La morale est dans les faits, pas dans les sentiments. » Podalydès explique qu'il l'a découverte dans un livre de Freud, sans préciser lequel. Cette maxime lui a fait comprendre que ce ne sont pas les pensées ou les désirs qui sont immoraux, mais les actes. « Si je soigne mon père, je peux m'amuser à désirer sa mort », résume-t-il, illustrant le paradoxe qui le tourmentait.
Le cinéaste, connu pour des films comme Le Mystère de la chambre jaune ou Adieu Berthe, avoue avoir longtemps souffert de culpabilité pour ses pensées négatives envers ses proches. La lecture de Freud l'a aidé à distinguer entre fantasme et réalité, entre intention et action.
Un déclic psychologique
Podalydès raconte que cette phrase a agi comme un déclic. « Cela m'a permis de me pardonner mes pensées les plus sombres », dit-il. Il ajoute que la psychanalyse lui a appris que les sentiments ne sont pas soumis à la morale, contrairement aux actes. Cette distinction lui a offert une paix intérieure.
Selon lui, cette révélation est survenue à un moment où il se sentait prisonnier de ses propres tourments. « Je me rendais compte que je passais mon temps à culpabiliser pour des choses que je n'avais même pas faites », explique-t-il. La phrase de Freud a donc été une bouffée d'air.
L'impact sur sa vie et son œuvre
Cette prise de conscience a influencé sa façon de travailler. Podalydès affirme qu'il aborde désormais ses personnages avec plus de bienveillance, car il comprend que les pensées les plus noires ne font pas de quelqu'un une mauvaise personne. « Dans mes films, j'essaie de montrer que les gens ne sont pas réductibles à leurs fantasmes », déclare-t-il.
Le réalisateur cite également d'autres auteurs qui l'ont marqué, mais c'est Freud qui reste central. Il estime que la psychanalyse a changé sa vision du monde et de lui-même.



