La nouvelle édition du Prix littéraire de la Ville de Brignoles a été lancée vendredi 11 septembre à la médiathèque. Seize romans, répartis entre littérature française et littérature traduite, sont proposés aux lecteurs jurés, qui auront jusqu'au 6 novembre pour faire leur choix. Les lecteurs peuvent choisir de participer au jury d'une seule catégorie ou des deux.
Une sélection pensée pour surprendre
Depuis vendredi soir, les 16 romans sélectionnés sont disponibles à la médiathèque et à la librairie Charlemagne – Le Bateau Blanc. Huit ouvrages de littérature française et huit de littérature traduite sont en lice. Leur point commun : avoir été choisis pour leur qualité, mais aussi pour la diversité des univers proposés.
Pour constituer la sélection, une douzaine de personnes se sont réunies fin juillet autour d'une cinquantaine de livres, seize titres étant finalement retenus. « C'est un peu un poker », reconnaît Christiane Coumoul, présidente de l'association Littér'arts. Les ouvrages sont notamment sélectionnés à partir des quatrièmes de couverture et des premiers retours de lecture. L'objectif est aussi de ne pas miser uniquement sur les auteurs déjà connus. Cinq des seize romans sélectionnés sont ainsi des premiers romans. « Les auteurs très connus n'ont pas forcément besoin de nous », estime Christiane Coumoul, qui revendique une sélection ouverte à différents genres et univers.
L'invitée d'honneur : Séverine Cressan, lauréate 2025
Parmi les invités de cette soirée de lancement, Séverine Cressan est venue partager son expérience. Son premier roman, Nourrices, avait remporté le prix l'an dernier. « C'est une forme de reconnaissance. J'ai tendance à avoir le syndrome de l'imposteur, donc forcément, ça me fait du bien », confie l'autrice, qui a fait le déplacement depuis Saint-Nazaire (Loire-Atlantique).
Son roman, inspiré de faits historiques, raconte l'histoire de femmes devenues nourrices au XIXe siècle et interroge notamment le rapport au corps féminin, à la maternité et aux choix imposés par les conditions sociales. Pour l'autrice, être choisie à près de 1 000 kilomètres de chez elle reste particulier. « C'est fou, le pouvoir de la littérature, le pouvoir des mots. À 1 000 kilomètres de chez moi, des lecteurs ont choisi ce livre parmi d'autres titres. »
47 lecteurs déjà inscrits, dont 13 nouveaux
Cette année, 47 lecteurs se sont déjà inscrits pour participer au jury, dont 13 nouveaux venus rencontrés lors du Forum des associations. Parmi eux, Monique Seguelas, 76 ans, participe pour la deuxième année. « Finalement, ça m'oblige à lire d'autres choses, à ne pas toujours rester dans les mêmes catégories », apprécie la Brignolaise. Elle a déjà découvert un premier roman de la sélection et s'est attaquée à un deuxième, avec davantage de difficultés à entrer dans l'histoire. Pour elle, ces lectures sont aussi l'occasion de sortir de ses habitudes. « C'est toujours très intéressant de discuter avec une autrice, de connaître le cheminement de son écriture », souligne-t-elle, après la rencontre avec Séverine Cressan.
Huit romans, huit votes
Pour chaque catégorie, les lecteurs attribuent huit points à leur roman préféré, puis sept, six, jusqu'à un point pour celui qu'ils ont le moins apprécié. Les bulletins seront récupérés puis compilés par l'association. Le 6 novembre, deux lauréats seront désignés, un dans chaque catégorie.
Créé en 2011 par Gérard Després, alors libraire du Bateau Blanc, le prix est porté depuis 2021 par Littér'arts. Cette édition s'inscrit aussi dans une nouvelle collaboration avec la librairie Charlemagne, qui a repris l'activité du Bateau Blanc le 1er septembre. Au-delà du prix, l'association défend surtout l'accès à la lecture. Les ouvrages sont proposés gratuitement aux jurés, alors que les nouveautés de la rentrée peuvent coûter entre 20 et 25 euros. Après le prix, les exemplaires achetés par Littér'arts seront donnés à l'association l'Accorderie à Brignoles.
Pour Séverine Cressan, cette participation des lecteurs compte particulièrement. « Ils doivent lire huit romans en un mois et demi. C'est beaucoup. J'ai envie de les remercier de s'engager. Ça fait vivre la littérature contemporaine. »



