Ashes to Ashes : le spin-off de Life on Mars débarque enfin sur Arte
Ashes to Ashes : le spin-off de Life on Mars sur Arte

On ne l'espérait plus. Près de trois ans après sa rediffusion sur Arte, et dix-neuf ans après sa première diffusion sur Jimmy, la série policière britannique Life on Mars accouche enfin d'un spin-off : Ashes to Ashes. Déclinée en trois saisons, cette série sera diffusée dès le 5 mai sur Arte. TV, ses vingt-quatre épisodes nous propulsent en 1981. Alors que le prince Charles épouse Lady Di, que les tensions sociales explosent en Angleterre et que la cocaïne envahit Londres, une policière venue du futur est téléportée dans un monde qui n'est pas le sien. Ressortez votre vieille télé cathodique : 20 Minutes a visionné les premiers épisodes d'Ashes to Ashes !

Une négociatrice du futur en 1981

Après Life on Mars, qui reprenait le titre d'une chanson de David Bowie (1971), la série Ashes to Ashes emprunte également à son répertoire. Ashes to Ashes, un sacré tube de l'été 80 ! Les eighties, c'est justement là où la négociatrice Alex Drake se retrouve, alors que dans le coma, elle lutte entre la vie et la mort. Après s'être pris une balle au moment où elle tentait d'arraisonner un preneur d'otages, la jeune femme se voit propulsée en 1981. Direction un commissariat londonien poussiéreux.

Y officient Gene Hunt, alias « la brute », transféré de Manchester il y a un an. Également présents : ses collègues Chris Skelton (dit le « flippé de service ») et l'inspecteur chef Ray Carling (surnommé « le misogyne »). Les héros de la série Life on Mars reprennent du service.

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Ils sont grossiers, paternalistes, sexistes et machos : les flics de la série Life on Mars reprennent du service dans Ashes to Ashes. Après un premier épisode qui pose les bases des trois saisons à venir, Ashes to Ashes nous propose donc un voyage dans le temps. En 1981, l'Angleterre sous la gouvernance de la Dame de fer Margaret Thatcher est marquée par une récession économique historique. Mais bonne nouvelle : on va marier le prince Charles et Lady Di (le 29 juillet). En 1981, les Français jouent au Rubik's Cube, tandis que François Mitterrand prend le pouvoir, libère la bande FM et inaugure le TGV. Voilà pour le contexte.

Trois flics machos hors du temps

« Bonjour monde imaginaire ! », clame la comateuse Alex Drake, tentant sans doute de se persuader qu'elle vit un mauvais rêve. Polar SF psychologique et hommage rétro, la série Ashes to Ashes semble avoir été tournée cette même année 1981, tant les décors, les costumes et us et coutumes d'alors sont parfaitement restitués. Avec ses cheveux bouclés, ses épaules dénudées et ses tenues exubérantes qui affirment sa silhouette, Alex (l'actrice anglaise Keeley Hawes) crève l'écran. Les boomers y reconnaîtront le portrait craché d'une ancienne copine !

Mais ce qui fait tout le sel de ce spin-off, c'est le climat d'alors. Ce sont Hunt, Skelton, Carling, ces trois flics masculins (masculinistes ?) aux larges cravates et costumes surdimensionnés, totalement hors du temps. À eux seuls, Gene Hunt (l'acteur Philip Glenister) et son Audi Quattro rouge incarnent la caricature de toute une époque.

Pire : à force d'épisodes, son machisme snobinard et déculpabilisé s'impose comme une vraie compilation du pire des eighties. Ses répliques sexistes jetées à la face d'Alex Drake en disent long sur certains rapports hommes-femmes d'alors. Autant de scuds qui, aujourd'hui, sonnent comme terriblement has-been.

Petit digest pour se faire une idée : « Une nana qui a ses règles peut pas commander » ; « Miss Marple de mes deux » ; « Vous n'êtes pas con pour une nana »… Ou, pire encore : « Plein de nanas s'ouvrent à moi sans même avoir picolé » ; « Vous, en cuir, ça me file la trique » ; « Je vais vous tamponner le cul […] c'est indolore, fesses en arrière, jupe relevée ». Espèce Oddity…

Des contrepoints salvateurs

Les créateurs de la série et showrunners Matthew Graham, Ashley Pharoah et Tony Jordan (déjà auteurs de Life on Mars) se lâchent. Sur le papier, c'est choquant. À l'écran, on s'en amuse follement, tant ce polar temporel fait figure de satire acide d'une époque dont certains aspects méritent définitivement d'être enterrés.

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Astuce : cette mise en abyme permet aussi à la série d'imposer ses contrepoints salvateurs. Comme dans cet épisode où une prostituée porte plainte pour viol. Évidemment, du pain béni pour Hunt et ses hommes qui prendront l'affaire à la légère, avec tous les sous-entendus déplacés et sarcasmes que l'on peut (dés)espérer des trois flics. Pas pour Alex Drake, la négociatrice venant du futur. Expérience du temps acquise, elle saura se montrer à l'écoute de la victime, faire preuve d'empathie et mener son enquête en bonne intelligence. Tout en « civilisant » peu à peu ses collègues…

Reste que l'on a bien failli ne jamais voir Ashes to Ashes. Réalisés pour la BBC entre 2008 et 2010, ses vingt-quatre épisodes (que l'on peut visionner indépendamment les uns des autres) auront donc mis seize ans pour traverser la Manche ! Outre Bowie, la série convoque Roxy Music, OMD, Visage, The Clash, Joe Jackson… autant de figures iconiques synth pop, new wave, punk et rock d'alors, pour une série givrée à la bande-son gavée de pépites. Invitez Major Tom : sur Arte. TV, vous avez jusqu'au 4 février 2027 pour vous en délecter !