Un lancement spectaculaire à Wine Paris
À Wine Paris, l'ambiance est électrique : les verres s'entrechoquent, les crachoirs débordent, et les dégustations se succèdent à un rythme effréné. C'est dans ce décor animé que Tony Parker, légende du basket, et Róbert Wessman, magnat islandais de la pharmacie, ont officialisé le lancement de leur marque de champagne. Deux univers a priori opposés, mais unis par une passion commune pour le vin, matérialisée par deux cuvées distinctes.
Deux cuvées pour deux visions
La première, TP9, est un brut accessible et structuré, dont le nom fusionne les initiales du basketteur et le numéro 9 qu'il a porté durant sa carrière aux San Antonio Spurs. Cette cuvée sera bientôt disponible en grande distribution. La seconde, Four Rings, fait référence aux quatre titres NBA remportés par Parker, et propose un millésimé 2014 plus confidentiel, réservé aux hôtels et à la restauration, conçu avec une approche plus patiente du temps.
Une rencontre sous le signe de l'excellence
À l'écart de l'agitation, installés dans des fauteuils confortables, les deux associés échangent avec leur sommelier. Ils reviennent sur la visite matinale d'Emmanuel Macron sur leur stand, un symbole fort pour le Bergerac, longtemps marginalisé face aux grands crus bordelais, où Wessman investit depuis près d'une décennie.
Le Point : Comment est née cette collaboration ?
Róbert Wessman : Tony évoluait déjà dans le milieu viticole, tout comme moi. Nous nous sommes rencontrés en France, sur mon domaine, il y a quelques années. L'idée d'un projet commun s'est rapidement imposée. Nos parcours sont différents, mais nous partageons l'exigence et l'ambition de construire quelque chose de durable. Le champagne s'est imposé naturellement, avec sa portée mondiale et sa force symbolique.
Tony Parker : J'ai toujours aimé le champagne, c'est même la première boisson alcoolisée que j'ai goûtée à 16 ou 17 ans. Mes parents m'ont initié très tôt. J'ai ensuite collaboré avec Michel Reybier, mais je voulais m'engager dans un projet personnel et à long terme. Róbert m'a offert cette opportunité. Nous sommes associés à parts égales, c'est l'aboutissement d'un rêve.
Une passion partagée et exigeante
Qu'est-ce qui vous attire dans le champagne ?
Róbert Wessman : Issu de l'industrie pharmaceutique, je vois un lien naturel avec le vin, grâce aux procédés de fermentation similaires. Ma passion pour le vin s'est développée il y a une dizaine d'années, et le champagne a pris une place particulière. Partager cette vision avec Tony donne tout son sens au projet.
Tony Parker : Tout a commencé lors d'un concert privé de Norah Jones chez Róbert. Sa femme a même trouvé le nom Four Rings. Mon cocktail préféré est le Saint-Germain Spritz, que je prépare toujours avec du champagne. Désormais, je peux utiliser le nôtre !
Un engagement total malgré des emplois du temps chargés
Tony Parker : Nous avons goûté une trentaine d'échantillons, j'ai perdu le compte !
Róbert Wessman : Oui, pour le choix final, nous avons comparé une trentaine de versions. Le graphisme a aussi requis un travail minutieux, avec des dizaines d'étiquettes testées.
Rendre le vin accessible sans sacrifier l'exigence
Quel rôle jouent les personnalités publiques dans le vin ?
Róbert Wessman : Je collabore avec des vignerons traditionnels, mais j'aime m'entourer de profils variés, comme Tony, pour apporter de la créativité tout en maintenant l'exigence.
Que dire à quelqu'un qui hésite devant une bouteille ?
Tony Parker : Il faut goûter sans hésiter ! Le vin est un art de vivre, il y en a pour tous les goûts et budgets. Un dîner sans vin ou champagne, c'est inimaginable pour moi. Si mon interlocuteur ne boit pas, je crains que la soirée ne soit ennuyeuse.
Face aux tendances de consommation
Que pensez-vous de la baisse de consommation d'alcool ?
Tony Parker : Chacun fait ses choix, mais je réagis à cette tendance. Beaucoup disent ne pas aimer le vin après avoir goûté de mauvaises bouteilles. Notre responsabilité est de rendre le bon vin plus accessible, avec des options autour de 30-40 dollars pour les occasions spéciales.
Le sans alcool est-il une option ?
Tony Parker : Non, jamais. C'est trop tard pour moi !
Contexte sectoriel et reconnaissance
La baisse des exportations vous inquiète-t-elle ?
Róbert Wessman : Mes entreprises ont toujours connu une croissance rapide en captant des parts de marché. Avec Tony, nous proposons un produit solide et exceptionnel, et je suis convaincu de sa croissance, malgré les cycles du marché.
Comment recevez-vous le titre de personnalité de l'année par La Revue des vins de France ?
Tony Parker : Avec joie. Se lancer dans le vin en France implique une pression énorme, sans droit à l'erreur. Cette distinction valide mon attachement à cet univers, nourri par des années de visites dans les vignobles.
Découvertes mutuelles et projets futurs
Avez-vous appris quelque chose sur l'autre ?
Róbert Wessman : Tony ignorait que je sponsorise le basket islandais !
Tony Parker : Et moi, je ne savais pas qu'il faisait du vélo. Je participe à des étapes amateurs du Tour de France, comme le Mont Ventoux. L'été prochain, ce sera l'Alpe d'Huez, et j'invite Robert à me rejoindre !
Róbert Wessman : J'ai fait du cyclisme en compétition. En France, rouler à vélo est une expérience unique, grâce aux paysages.



