Nationale 7 : la route des vacances a révolutionné la gastronomie française
Nationale 7 : la route des vacances a révolutionné la gastronomie

À la fin des années 1950, la France comptait 6,5 millions de voitures, soit une pour sept habitants. Les Français, bénéficiant d'une troisième semaine de congés payés, tournaient le dos aux privations de la guerre et partaient vers un avenir radieux, symbolisé par le soleil de la Côte d'Azur. En 2CV Citroën ou Peugeot 403, ils empruntaient la Nationale 7, ce ruban d'asphalte reliant Paris à Menton à travers des paysages bucoliques.

Un festin sur la route des vacances

À l'époque, il fallait presque une journée pour atteindre Roanne depuis la capitale. Les haltes étaient nombreuses, pour se reposer mais surtout pour se restaurer. L'essor de l'automobile fit pousser les auberges comme des champignons le long de la fameuse Nationale 7, chantée par Charles Trenet. Des établissements comme Le Coq hardi, La Grappe d'or ou l'Hôtel de la Fontaine annonçaient parfois fièrement « English spoken » et proposaient une cuisine régionale et ménagère.

Dès 1933, le Guide Michelin, édité par le célèbre fabricant de pneus, avait eu l'idée géniale d'ajouter aux plans des villes un classement des restaurants, permettant aux voyageurs de prévoir leurs étapes gastronomiques. Ce guide devint un compagnon de route indispensable pour les vacanciers en quête de bonne chère.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Les pionniers de la gastronomie

À Roanne, en 1957, Jean et Pierre Troisgros donnèrent un coup de jeune à l'Hôtel Moderne hérité de leurs parents, idéalement situé près de la gare, de la N7 et du garage Citroën. L'établissement régalait sa clientèle avec une cuisine gourmande élaborée à partir de produits locaux. Mais c'est avec un plat en apparence tout simple que les cuisiniers bouleversèrent les codes : une escalope de saumon à l'oseille, cuite en « aller-retour » et servie « à l'assiette ». Une véritable révolution culinaire.

À Vienne, en Isère, Fernand Point avait été, dès les années 1930, l'un des premiers cuisiniers à se montrer en salle. La Mère Brazier et Paul Bocuse, à Lyon, ou André Pic, à Valence, ne furent pas en reste. Tous contribuèrent à faire de la Nationale 7 une route gastronomique d'exception.

Un documentaire à savourer

C'est cette histoire que raconte le documentaire « En route ! Quand la Nationale 7 révolutionna la gastronomie française », réalisé par Stanislas Kraland (2024, 1h30). Une savoureuse expédition dans la gastronomie trois étoiles qui a fait la renommée de la France. À voir ce lundi 22 juin à 22h30 sur France 4, et disponible en replay sur france.tv.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale