Il arrive vers nous en chemise bleue, Air Force One assorties aux pieds, parfaitement raccord avec le décor très Riviera de la Plage Villebrequin. Jusqu’à la fin du Festival de Cannes, Glenn Viel est aux commandes de la cuisine du lieu. Ratatouille réinterprétée, moules marinières à la touche de vin jaune, carpaccio Arlequin, rougets au fenouil cru et sauce vierge, fraises « au bout des doigts » (crème basilic et citron confit) : le chef 3 étoiles Michelin de l’Oustau de Baumanière, dans les Alpilles, déroule en baie de Cannes des classiques sublimés.
Un chef adapté à l’exercice de la plage
Avant le coup de feu, celui qui a gagné en notoriété grand public depuis qu’il a intégré le jury de Top Chef en 2022, s’est posé avec nous pour parler saveurs, longs-métrages et montée des marches. Interrogé sur la manière de travailler loin de ses pianos habituels, il confie : « À chaque fois c’est vraiment une remise en question. On arrive sur une plage comme ça, on essaye de faire quelque chose de rassurant, gourmand. La gourmandise, c’est ce qui porte notre métier, il ne faut jamais l’oublier. »
La cuisine de plage est un exercice qui lui parle : « J’ai travaillé en Corse longtemps, donc je connais, j’adore. Le principal, c’est de faire les choses bien. L’intelligence du cuisinier, c’est de savoir s’adapter à l’endroit, au personnel, aux cuisines ou au débit. Et de faire le mieux possible. »
Classiques et simplicité : sa philosophie
Pour Glenn Viel, un classique dans l’assiette repose sur « une forme de réalité, une forme d’honnêteté dans l’interprétation. On pourra toujours inventer les meilleurs desserts, mais dans 100 ans, on mangera encore des éclairs au chocolat. » À Cannes comme ailleurs, il estime que « les paillettes et la simplicité ne sont pas incompatibles. Ça ne me dérange pas de manger une belle burrata avec un joli trait d’huile d’olive ; quand il fait 35 degrés, c’est magique. »
Son rapport au Festival de Cannes
Le Festival de Cannes lui inspire-t-il curiosité ou fascination ? « J’ai déjà eu la chance de monter deux fois les marches ces dernières années et je le referai la semaine prochaine, pour le film sur De Gaulle (La Bataille de Gaulle : L’âge de fer). Il faut faire attention de bien passer la jambe droite après la jambe gauche, et ainsi de suite. C’est super dur, il faut s’entraîner pour être prêt ! » plaisante-t-il. « Tout est assez bizarre à vivre, mais on prend. Cannes, c’était plutôt quelque chose que je voyais de loin quand j’étais gamin. Aujourd’hui, j’y suis, la vie est belle. »
Ses coups de cœur cinéma
Le dernier film vu au cinéma ? « Ben c’était ici, l’an dernier… Celui de Spike Lee avec Denzel Washington (Highest 2 Lowest). Pour être honnête, je n’ai pas beaucoup de temps, je fais souvent des semaines de sept jours… Et une fois à la maison, je n’ai plus l’énergie pour aller dans une salle. Je préfère faire du jardinage. »
Interrogé sur ses comédies préférées, il s’enthousiasme : « La Cité de la Peur, c’est incroyable, iconique. Il y en a beaucoup qui m’ont fait rire… La Tour Montparnasse infernale avec Eric et Ramzy, c’était génial aussi. J’aime autant quand le curseur de l’absurde est poussé à fond que quand l’humour est plus fin. »
Durant sa jeunesse, il n’avait le droit de regarder la télé que le week-end. « Je regardais beaucoup de films : Et au milieu coule une rivière, Sept ans au Tibet. Plus tard, Arrête-moi si tu peux m’avait beaucoup plu aussi. Mais j’aimais surtout ce qui me permettait de m’évader, comme les documentaires sur Cousteau ou Les Chroniques de l’Afrique sauvage. »
Une expérience d’acteur
Glenn Viel a récemment fait une apparition dans « Scènes de ménages » sur M6. « Je crois qu’on a vu que je n’étais pas comédien, hein. J’avais quatre phrases à dire, mais c’était hyper stressant. Même si je suis un peu habitué aux caméras avec Top Chef maintenant. Il fallait se tourner, regarder, essayer d’avoir la bonne intonation. Franchement, je ne faisais pas le malin. »



