Aux halles de Béziers, un nouveau directeur pour un nouveau souffle
Aux halles de Béziers, un nouveau directeur pour un nouveau souffle

Depuis janvier, Romain Henry est le nouveau directeur des halles de Béziers. Le Biterrois espère amener un nouveau souffle avec une programmation complète jusqu’à la fin de l’année. Alors, les halles de Béziers auront-elles le ventre en poupe ? Un lieu à "bobos" ou l’endroit parfait pour faire la fête entre amis, moderne ou aseptisé, trop cher ou un bon rapport qualité prix… Si les avis divergent concernant les halles de Béziers, une constante demeure : tous les Biterrois ont quelque chose à dire dessus.

Un duo complémentaire pour une nouvelle dynamique

Depuis la réouverture en novembre 2024, après une importante rénovation et une gestion confiée à la société Biltoki il y a deux ans, les halles sont scindées entre une partie marché et une autre traiteur destinée à une consommation sur place, sur le modèle des food court qui fleurissent un peu partout en France. Biltoki, qui est propriétaire du bar central et est en charge de l’animation, a un rôle majeur dans la capacité d’attraction du lieu. Alors, quand l’ancien directeur, Nathan Azéma, laisse sa place après seulement un an, on serait tenté d’y voir un mauvais présage. Ce n’est pas le cas de Romain Henry, nouveau directeur des halles depuis janvier, qui avance avec convictions.

"Gourmandes, festives et conviviales", la nouvelle devise des halles est récitée en chœur par Romain Henry et Stéphanie Beaudoin, responsable de la communication et de l’évènementiel des halles. Le duo, complice et complémentaire, tient à se présenter ensemble, "nous sommes un vrai binôme", se réjouit le directeur. Il arrive avec 25 années d’expérience en hôtellerie et restauration – plutôt tendance grands hôtels et palace ses dernières années. Son bras droit, elle, arrive du monde de l’audiovisuel et du marketing vidéo. Ensembles, ils se réjouissent de ce "magnifique terrain de jeu avec des Biterrois en quête de rendez-vous".

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Une programmation claire et régulière

"Jusque-là, les halles manquaient de clarté et de lisibilité en termes de programmation", détaille le nouveau directeur. Depuis plusieurs mois, ils s’attellent à proposer une programmation claire et qui implique, le plus possible, tous les commerçants. "Nous mettons en avant la régularité : un gros évènement par mois et une animation par semaine. Avec des marqueurs très visuels. Par exemple, pour la fête de la mer nous avons demandé aux commerçants de porter une marinière et nous allons décorer l’ensemble des halles", détaille la communicante. La programmation est l’ingrédient clé des marchés couverts nouvelle génération, ils y croient. Durant la Feria, cet été, ils concentreront leurs efforts sur les midis, entre 11 h et 18 h, et, c’est une première, avec la possibilité de réserver. Autre annonce à noter : une journée spéciale le 27 juin avec la venue du cirque Gruss qui jouera une partie de son spectacle dans les halles (sans animaux).

Un appui municipal et une ambition commerciale

Pour promouvoir leurs évènements, ils peuvent compter sur la mairie qui met à disposition ses panneaux d’affichages publicitaires. Un appui d’envergure qui rappelle que la collectivité aussi joue sa réputation. "Nous sommes satisfaits du partenariat avec Biltoki, ils apportent une expertise importante", fait savoir Stéphanie Sandonato, adjointe au maire. Si la municipalité affirme que ces relations se sont toujours bien déroulées, le duo sous-entend à demi-mot, que ce changement de direction était attendu par tout le monde. Une entente importante puisque les halles demeurent municipales. "C’est notamment pour cela qu’on veut conserver le marché à tout prix, c’est d’utilité publique, les halles appartiennent aux habitants", assure le directeur.

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Valorisation du circuit court, produits du terroir et prix maîtrisés par les commerçants, ils l’assurent : on peut faire ses courses aux halles. La difficulté, ou le "challenge" si l’on est optimiste, réside ailleurs : réussir la symbiose entre marché et restauration sur place et être suffisamment éclectique pour plaire à toutes les catégories de consommateurs. "Soirée kitsch" pour les fêtards, ils sont presque 10 000 à avoir répondu présents, ou évènement gastronomique comme la fête du cochon pour plaire à un public qui veut se faire plaisir sans débordement : c’est un jeu d’équilibriste que le duo estime réussir.

Une locomotive commerciale pour le centre-ville ?

La quantité d’évènements et de communications agit-elle réellement comme un booster de chiffre d’affaires pour les commerçants ? Difficile à dire après seulement quelques mois de nouvelle direction. Néanmoins, Biltoki note, en avril 2026, une progression du chiffre d’affaires de onze stands par rapport à l’année dernière et une augmentation de la fréquentation de 2,4 %, et les commerçants abondent dans ce sens. "C’est un endroit qui vit, je suis convaincue que ça peut être une locomotive commerciale pour le cœur de ville", estime Stéphanie Sandonato. Combatif, le directeur des halles, l’affirme sans détour : "Je suis là pour amener du résultat". Il le sait, le potentiel est là, mais il faudra mouiller le maillot. En janvier, les halles Biltoki de Rouen mettaient d’ailleurs les clefs sous la porte.

Parole aux commerçants

Actuellement, les halles de Béziers comptent 22 stands : Douze sont des traiteurs, les autres couvrent la partie marché. Parmi les mouvements récents on peut noter que la poissonnerie, fermée depuis un mois, a été remplacée par un traiteur japonais proposant des sushis, "réalisé sous vos yeux", se réjouit Stéphanie Beaudoin. Et le traiteur marocain, "la maison d’Ambre", laisse place à "Suzette" qui propose des glaces et autres plaisirs sucrés. Des commerçants installés depuis plus de trente ans aux petits nouveaux, que pensent-ils du fonctionnement actuel des halles ? Philippe Boniface, le boucher chevalin est le plus ancien commerçant des halles : "Les évènements drainent du monde, même si côté marché, cela nous touche moins. Je constate que notre clientèle a un peu changé, il y a de nouveaux clients. Le samedi notamment, la clientèle se rajeunit un peu, elle nous découvre en venant profiter des halles. Comparé aux halles d’avant, on a vraiment gagné en confort de travail, on ne le regrette pas. L’équipe est rigoureuse, je suis persuadé qu’on va progresser". Georges Galzy, Georgeous Sandwich et Suzette : "Franchement, depuis l’arrivée de la nouvelle direction, c’est la première fois qu’on a véritablement un capitaine qui tient le cap et qui nous tire vers le haut. Il y a une vraie dynamique. Si j’ouvre une deuxième affaire c’est que je suis convaincu du potentiel des halles. C’est un excellent outil de travail pour les commerçants, le loyer n’est pas si cher pour les services et la visibilité et on a la mairie derrière nous."