Le festival SunSka confronté à une impasse logistique majeure
Le plan B du festival SunSka se retrouve dans une situation critique, sans aucun lieu d'accueil confirmé. Initialement refusé à Cissac en raison de garanties administratives et techniques insuffisantes, puis à Saint-Estèphe pour des problèmes logistiques, l'événement musical est aujourd'hui sans point de chute fixe. Avec seulement un mois et demi avant la date prévue, les organisateurs sont engagés dans une véritable course contre la montre pour trouver une solution viable.
Le refus catégorique de la municipalité de Cissac
Le projet ne se concrétisera pas à Cissac. Lors du conseil municipal du samedi 11 avril, le nouveau maire Christophe Capelli a officiellement confirmé que la commune ne donnerait pas suite au projet porté par Fred Lachaize, directeur du festival. Conçu comme une alternative à l'absence du SunSka au domaine de Nodris à Vertheuil prévue pour l'été 2026, ce format réduit devait se tenir du 29 au 31 mai en semi-plein air, sur un site situé devant la mairie, avec une jauge annoncée de 2 500 personnes.
Il s'agissait d'un retour aux sources pour l'événement né à Cissac, où sept éditions s'étaient tenues entre 2003 et 2009. Mais le projet n'a pas convaincu la nouvelle équipe municipale. « Je n'avais aucun dossier écrit. Tout avait été fait de manière orale avec l'ancienne équipe », explique Christophe Capelli. L'édile affirme avoir demandé des éléments précis avant d'étudier la faisabilité. « Moi, je ne travaille pas par voie orale. Il me faut des dossiers clairs, nets et précis. »
Après réception de premières pièces, l'élu estime que le projet ne répond pas aux exigences. « La commune n'est pas en mesure d'accueillir 1 500 personnes par jour sur ce site, en termes de sécurité, de questions sanitaires, de circulation ou encore de gestion des débits de boissons », tranche-t-il. Il souligne également l'inadéquation des infrastructures locales, évoquant une salle des fêtes limitée à 700 personnes. « Les choses ont été faites à l'envers », juge-t-il, indiquant que la décision a été prise après échanges avec la sous-préfecture. « Il faut savoir dire non. »
Des pratiques organisationnelles contestées
Cette analyse est vivement contestée par Fred Lachaize. Le patron du SunSka affirme que des dossiers de sécurité ont été transmis à la mairie et présentés en sous-préfecture. « Ils ont été faits dans les règles et correspondaient à un événement de 1 499 spectateurs », assure-t-il, évoquant un projet conforme à la typologie du site. « Ils étaient là. Peut-être qu'ils n'ont pas été bien lus », glisse-t-il.
Il reconnaît cependant que les modalités d'organisation avec l'ancienne municipalité reposaient sur des pratiques plus informelles. « Cela fonctionnait comme ça depuis des années avec les associations locales », explique-t-il, tout en estimant que le projet bénéficiait d'un accord de principe, notamment à travers des dispositifs envisagés pour les habitants.
Face aux réserves sur le site initial, les organisateurs disent avoir proposé des alternatives, notamment en plein air. « Nous avons suggéré d'étudier d'autres lieux, comme le stade », indique Fred Lachaize, qui regrette un manque de concertation.
Le second refus à Saint-Estèphe et les fragilités économiques
Après le refus de Cissac, les organisateurs ont approché la commune de Saint-Estèphe. Là aussi, la réponse a été négative. « On est à un mois et demi du festival et on n'a rien de prêt. Toute la logistique autour d'un tel événement, on ne peut pas l'organiser dans ces délais », explique la maire Michelle Saintout, également conseillère départementale (DVG) du canton Nord Médoc. « Je n'ai pas les installations nécessaires pour accueillir tout ce public », souligne-t-elle, évoquant notamment des difficultés d'organisation.
Sur le fond, Michelle Saintout insiste sur les fragilités du modèle économique du SunSka. « C'est une belle manifestation, mais elle rencontre des difficultés depuis des années. » Elle rappelle l'engagement financier des collectivités dans le passé et mentionne des loyers impayés envers le Département pour l'occupation du site de Nodris, « plusieurs dizaines de milliers d'euros ».
Un point nuancé par Fred Lachaize, qui indique que ces dettes concernent une structure aujourd'hui liquidée et qu'une nouvelle société porte désormais le projet. Dans les coulisses, des prestataires font aussi état de dettes impayées par le SunSka. Une situation qui finit par entamer sérieusement la réputation de l'organisateur.
Une recherche urgente de solution
Dans ce contexte particulièrement tendu, le festival poursuit activement ses recherches pour maintenir ce plan B. « On se donne une dizaine de jours pour trouver une solution », relaie Fred Lachaize, évoquant des contacts avec d'autres collectivités et partenaires privés.
Le sous-préfet du Médoc, Fabien Tuleu, rappelle de son côté le cadre réglementaire. L'État accompagnera le projet « à partir du moment où une commune accepte d'accueillir l'événement » et qu'un dossier complet est présenté. Il insiste sur le respect des règles de sécurité, de gestion des flux ou encore de prévention. « Le plus tôt est le mieux, mais tout dépend du calibrage de la manifestation », résume-t-il, en appelant à ne pas « inventer ce qui n'est pas prêt ».
À ce stade crucial, le plan B reste donc sans point de chute fixe. Et l'avenir même du SunSka, sous quelque forme que ce soit en 2026, demeure profondément incertain, laissant planer un doute sérieux sur la pérennité de cet événement culturel régional.



