Fabrice Roux, président du Festival Off d'Avignon depuis une quinzaine d'années, constate que les réseaux sociaux ont transformé la relation entre artistes et public. Selon lui, certains artistes remplissent leurs salles en quelques minutes grâce à leur communauté en ligne, même s'ils ne sont pas encore connus du grand public.
Une nouvelle initiative musicale pour les jours de relâche
Pour la soixantième édition, le festival a lancé La Musique se lâche, une série de concerts d'artistes internationaux programmés pendant les jours de relâche des théâtres. Ce dispositif, organisé avec un des plus gros producteurs indépendants français, accueille des artistes professionnels reconnus à l'international mais encore émergents pour le public français. Ils se produisent dans différents théâtres avec des ingénieurs son et lumière pour offrir un véritable spectacle.
Les compagnies locales, piliers du festival
Les compagnies gardoises et avignonnaises représentent près de 30 % des compagnies présentes. Participer au festival coûte extrêmement cher, et les compagnies bretonnes ou parisiennes ne s'y retrouvent plus financièrement en raison de la flambée des loyers pendant le festival. Les compagnies locales ont l'avantage de pouvoir faire les allers-retours sans avoir à se loger sur place.
Liberté éditoriale et visibilité
Les pièces sont choisies en laissant une totale liberté éditoriale aux producteurs. Chacun présente les projets auxquels il croit et qu'il estime capables de trouver leur public. Venir à Avignon est presque incontournable pour les acteurs qui veulent exister dans le système, car le festival offre une visibilité exceptionnelle et est un lieu de rencontres entre tous les professionnels du secteur.
Réseaux sociaux : un rôle accélérateur
Les réseaux sociaux ont bouleversé la communication et la relation artiste-public. Dès qu'un comédien est créatif et productif, il peut fédérer une communauté. Avec les avis et les vidéos, un spectacle qui plaît connaît un succès fulgurant, mais peut aussi vite s'écrouler.
Préserver la diversité culturelle
Fabrice Roux reste confiant pour l'avenir du festival malgré un contexte budgétaire compliqué. Il espère que la culture ne fera pas les frais des économies à venir. Il ne demande pas davantage de financements, mais une répartition plus équilibrée des aides, qui ne doivent pas être concentrées entre quelques grandes sociétés de production. "Il est essentiel de préserver la diversité culturelle", conclut-il.



