Élie Semoun revendique la liberté d'humour dans son spectacle « Cactus »
À l'occasion de la présentation de son spectacle « Cactus » le 17 avril à La Grande-Motte, l'humoriste Élie Semoun s'exprime sur sa vision de l'humour contemporain. Dans une interview exclusive, il dénonce une époque qu'il juge « cadenassée » et pleine d'injonctions, affirmant que la scène demeure le dernier espace de liberté véritable.
Un humour piquant face au puritanisme ambiant
Le titre « Cactus » annonce d'emblée un contenu piquant. Élie Semoun explique vouloir « piquer » la société et l'époque actuelle, qu'il perçoit comme excessivement puritaine et manquant de second degré. « Ce n'est pas du tout l'époque que j'ai connue il y a encore quelques années, où l'on pouvait rire de tout. Aujourd'hui, c'est devenu plus compliqué », confie-t-il. Contrairement à l'idée reçue d'un stand-up décomplexé, l'artiste estime que son spectacle est l'un des rares où l'on peut encore rire de tout, sans prétention philosophique mais avec un objectif clair : faire rire.
Des sujets brûlants et des personnages cultes
Le spectacle aborde des thèmes actuels et sensibles, allant des manifestations à des sujets plus intimes. Élie Semoun évoque notamment des observations sur des groupes LGBT arborant des foulards du Hamas, tout en traitant avec humour de sujets comme la vie en EHPAD ou la transition de genre. Il réintroduit également des personnages cultes comme Kevina, et présente une première partie originale avec un « club de racistes » qui, malgré son potentiel provocateur, suscite le rire en salle.
L'humoriste se livre aussi plus personnellement, partageant sa vision de la religion et ses doutes sur l'existence de Dieu. « Avant, j'enchaînais les personnages sans lien. Aujourd'hui, j'ai senti que le public avait besoin d'un rapport plus direct », explique-t-il. Ses personnages servent à la fois de filtre et de révélateur, lui permettant d'aller plus loin que dans le stand-up traditionnel, qu'il critique pour son côté formaté et interchangeable.
La provocation comme outil artistique
Élie Semoun assume pleinement sa volonté de provoquer, voyant dans la provocation un moyen de créer des réactions et de se singulariser. « Je veux que les spectateurs se disent qu'ils n'ont jamais vu un spectacle comme celui-là », affirme-t-il. De nombreux professionnels lui auraient d'ailleurs confié que « Cactus » est son spectacle le plus audacieux à ce jour.
Cette liberté artistique est cependant plus difficile à exercer aujourd'hui, selon l'artiste, en raison de la surveillance permanente et des risques de scandale sur les réseaux sociaux. Après une pause consacrée au cinéma, notamment avec les films Ducobu où il jugeait avoir moins de liberté, il a ressenti le besoin de retrouver la scène, qu'il qualifie de « miracle » et de dernier espace où il peut tout décider.
Retour aux sources et message final
Après plus de 30 ans de carrière, le one-man-show continue de surprendre Élie Semoun, qui se dit « fou » de prendre le risque d'être seul sur scène pendant une heure et demie. Interrogé sur ses relations avec Dieudonné et Franck Dubosc, il indique être plus proche de ce dernier, avec qui il échange régulièrement.
Le spectacle « Cactus » se veut une piqûre de rappel : « rien n'est grave, le second degré existe et personne n'a le droit de nous interdire de rire de tout ». Élie Semoun conclut en évoquant brièvement Montpellier et la région, qu'il trouve magnifique, même s'il ne la connaît pas intimement.
Informations pratiques : « Cactus » sera présenté le vendredi 17 avril à 20h30 au Pasino, 335 allée des parcs à La Grande-Motte. Les tarifs varient de 35 à 45 euros.



