La Peña del Fuego bagnolaise, l'ambiance feria au Salon de l'agriculture
Depuis 2020, la Peña del Fuego bagnolaise est la seule peña présente au Salon international de l'agriculture de Paris. Chaque année, ses musiciens transforment l'espace Occitanie en une véritable petite feria, un rendez-vous festif où se presse un public nombreux et enthousiaste.
Une attraction musicale incontournable
"On est la seule peña présente", rappelle avec fierté Wladimir Mercier, responsable de cette formation qui réunit des musiciens de tout le département du Gard. Pour "mettre le feu" lors de cette "mini-feria couverte", le groupe peut compter sur Elodie Mercier, l'épouse de Wladimir, surnommée "le Boucan" pour son énergie communicative à l'euphonium.
Cinq fois par jour, les membres de cette "famille" musicale interprètent des airs de feria avec leurs saxophones, batteries, tambours et guitares. Le célèbre "Paquito" résonne dans les allées, mais pas seulement : "On peut jouer 'Les Copains d'abord', 'Les yeux d'Emilie'... On n'a pas de programme type, on le fait à l'instinct selon le public", explique Wladimir Mercier.
Une reconnaissance grandissante
Cette année, l'attraction pourrait être encore plus forte : "Au salon, on risque d'attirer encore plus de monde que d'habitude, car cette année, il n'y a pas de bovins. Le public viendra davantage nous voir". La notoriété de la peña dépasse largement le cadre du Salon de l'agriculture.
Créée pendant la période du Covid avec l'aide de Maxime Couston, premier adjoint de Bagnols-sur-Cèze, et dont le siège est à la mairie, la formation voit les demandes affluer tout au long de l'année :
- Les ferias de Nîmes, d'Alès, de Saint-Martin-de-Crau
- Le premier bain de l'année au Grau-du-Roi
- Le salon équestre d'Avignon Cheval Passion
- La fête votive et les cérémonies de Bagnols
- Le mundialito de foot en salle à l'Alpe-d'Huez
Une tradition familiale ancrée
Cette réputation est le fruit d'une belle histoire familiale. Wladimir Mercier, musicien à la retraite et ancien pompier professionnel à Tresques, est le fils de Lucien Mercier, fondateur de la fanfare d'Uzès en 1954. "Mon père était surnommé le roi de la peña, et était comparé à Manitas de Plata", se souvient-il avec émotion.
Wladimir a pris le flambeau à Uzès en 1985, devenant "l'un des plus anciens chefs de musique dans le Gard". Certains musiciens de la Peña del Fuego l'accompagnent depuis plus de trente ans, tandis que le plus jeune membre n'a que 19 ans.
La tradition familiale se poursuit avec sa mère, Josy, qui a lancé les majorettes en France en 1956 après avoir découvert cette tradition américaine au carnaval de Nice.
Une renommée internationale
La peña a même exporté la tradition du sud de la France à l'étranger, se produisant à la fête de la bière de Munich et jusqu'à Monaco. "En juin dernier, on a joué devant le château en présence du prince Albert, de Stéphanie... J'ai discuté avec le prince et on a pris une photo", raconte Wladimir Mercier, visiblement ému par cette expérience "qui vaut de l'or".
Cette prestation a valu à la formation l'obtention du label de Monaco, sésame pour pouvoir jouer dans la principauté. "Avant on pouvait faire une pause pendant l'année, mais là, on est sursollicité, on est obligé de refuser des demandes", constate le responsable de la peña.
Mercredi soir, les musiciens se produiront sur la péniche Rosa Bonheur, amarrée sur les quais de Seine, pour la fête organisée par Terre de Camargue, où près d'un millier de personnes sont attendues. Une certaine idée de la fête et des traditions qui continue de résonner dans les allées du Salon international de l'agriculture et bien au-delà.



