Festival d'Avignon : sobriété de Morin, rejet de la baisse de diffusion
Avignon J6 : sobriété de Morin, non à la baisse de diffusion

Le sixième jour du Festival d'Avignon a été marqué par deux temps forts : la présentation du spectacle sobre et engagé de Gwenaël Morin, et un vif débat sur la baisse de la diffusion, accompagné de critiques acerbes envers le folklore coréen présenté dans la programmation.

Gwenaël Morin : un théâtre de la sobriété

Le metteur en scène Gwenaël Morin a présenté sa dernière création, Oui, un spectacle qui se veut résolument minimaliste. Morin, connu pour son approche radicale, propose ici une performance dépouillée, où les acteurs évoluent dans un espace quasi nu, sans décors ni artifices. Selon lui, cette sobriété est une réponse à la surconsommation culturelle et à la course aux moyens. « Il faut revenir à l'essentiel, au texte et au jeu de l'acteur », a-t-il déclaré lors d'une rencontre avec le public. Le spectacle, d'une durée de 1h30, a été applaudi pour sa force et son engagement, mais a aussi suscité des interrogations sur la viabilité d'un tel modèle dans un contexte où les subventions sont en baisse.

La baisse de la diffusion au cœur des débats

Parallèlement, les professionnels du théâtre réunis à Avignon ont exprimé leur opposition à une éventuelle réduction de la diffusion des spectacles. Un collectif de directeurs de scènes nationales et de compagnies a publié une tribune dénonçant les coupes budgétaires annoncées par le ministère de la Culture. « Une baisse de 15 % de la diffusion aurait des conséquences catastrophiques pour la création contemporaine », a alerté un porte-parole du collectif. Selon une étude interne du Festival, 30 % des compagnies présentes cette année pourraient voir leur nombre de représentations réduit de moitié si ces mesures étaient appliquées. Les discussions se sont poursuivies en marge des représentations, avec des appels à la mobilisation.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Le folklore coréen critiqué

Autre sujet de controverse : la présence d'un spectacle de folklore coréen dans la programmation officielle. Intitulé Corée, traditions et modernité, ce show mêlant danses traditionnelles et projections vidéo a été jugé « hors de propos » par plusieurs critiques et spectateurs. « C'est un folklore exotique qui n'a rien à voir avec les enjeux du théâtre contemporain », a estimé un journaliste de Libération. La direction du Festival a défendu ce choix, invoquant une volonté d'ouverture internationale, mais a reconnu que le spectacle avait divisé le public. Les ventes de billets pour cette représentation étaient en deçà des attentes, avec seulement 200 places vendues sur 500 disponibles.

Un bilan contrasté

Au terme de cette sixième journée, le Festival d'Avignon affiche un bilan contrasté. D'un côté, la proposition de Gwenaël Morin incarne une certaine résistance artistique, tandis que les tensions autour des financements et de la programmation reflètent les difficultés du secteur. Les organisateurs espèrent que les débats en cours aboutiront à des solutions constructives pour l'avenir du théâtre public.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale