Beaucaire : Raymond Montero, une vie de charlotade en exposition
Raymond Montero : une vie de charlotade en exposition

Pendant près de cinquante ans, Raymond Montéro a sillonné les arènes, bien au-delà de la Camargue. Ce parcours singulier est aujourd’hui retracé à la bibliothèque municipale de Beaucaire à travers une exposition de photos, d’affiches et de souvenirs.

Une passion née dans l'enfance

À 82 ans, le Beaucairois replonge dans une aventure née très tôt. Enfant, il s’échappe de chez lui pour se faufiler dans les arènes et assister aux corridas. La passion est déjà là. À l’adolescence, il intègre une école taurine avec l’idée de devenir matador. Mais très vite, il comprend que sa place est ailleurs. Il choisit alors la charlotade, ce toro-comique qui détourne les codes de la corrida pour faire rire le public.

Des débuts improvisés à une carrière bien remplie

Repéré à Beaucaire alors qu’il improvise en piste avec un vélo, il intègre une troupe. Commence alors un long parcours, mené en parallèle de sa vie professionnelle, porté par la passion et le goût du spectacle. Aux côtés de Francis Espejo et Christian Lombardo, parfois rejoints par Daniel Caparros, il multiplie les représentations, notamment avec la troupe El Gallo.

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Très vite, les déplacements s’enchaînent. Bien au-delà des arènes du Sud, la troupe se produit dans toute la France, du Sud au Nord, d’Est en Ouest jusqu’en Bretagne, mais aussi à Paris. Il y a des week-ends entiers sur les routes et tant d’allers-retours avant de reprendre le travail et rattraper le retard.

Des arènes locales aux scènes internationales

La charlotade dépasse largement les frontières. Raymond Montéro se produit également à l’étranger, en Belgique, en Pologne, jusqu’au Mexique. À cette époque, les taureaux sont à cornes nues, et non emboulées. Partout, l’engagement est le même : entrer en piste après la corrida, jouer avec les codes de celle-ci et faire rire. Il anime aussi des toro-piscines, moments populaires où le public est invité à entrer dans l’arène.

Car c’est bien là qu’il trouve sa place. Faire rire, offrir un dernier moment de légèreté lors d’une manifestation taurine. "Les gens repartaient en ayant ri, tout le monde était heureux", confie-t-il.

Avec l’arrêt de ses représentations, en 2010, c’est toute une pratique burlesque qui a disparu des arènes. Jusqu’au 15 mai, l’exposition présentée à la bibliothèque permet de retracer ce parcours. L’établissement propose également une sélection d’ouvrages consacrés à l’univers taurin.

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