Ce jeudi 4 juin 2026, le festival Poésie urbaine a lancé sa troisième édition à Grasse. Plusieurs artistes vont peindre sur le toit Martelly jusqu'au 11 juin, date à laquelle les œuvres seront accessibles au public. Pour l'occasion, le célèbre street artiste américain Tristan Eaton a laissé son empreinte sur un mur.
Des artistes engagés
Ce jeudi 4 juin au matin, Menace l'artiste peignait un carré rose pastel sur le toit Martelly. Un peu plus loin, Margot Margay, artiste née et ayant grandi à Grasse, avait déjà tracé une fleur et ajoutait du bleu foncé. « Ce sera une tubéreuse », détaille celle qui se présente comme la « représentante de la gent féminine » de cette édition. Margot Margay, qui vit la plupart de l'année au Mexique, a choisi de représenter une fleur emblématique de Grasse, la cité des parfums, mais aussi du Mexique. Cependant, la culture de cette fleur nécessite énormément d'eau, et elle l'a peinte au milieu d'une fontaine asséchée. « L'eau est un enjeu pour le futur, alors est-ce qu'on doit continuer à faire de la tubéreuse quand on sait que les sécheresses seront de plus en plus récurrentes ? interroge-t-elle. Avec cette œuvre, je pousse à la réflexion et je parle de l'identité grassoise et des enjeux de demain. »
Un festival qui transforme le quartier
Jusqu'au 11 juin, jour de l'inauguration, le toit Martelly et l'escalier qui y mène – qui accueillera également une fresque – seront ouverts au grand public. D'autres graffeurs comme L'Atlas, Manyak ou 2flui viendront investir les lieux et y peindre leurs œuvres, qui seront visibles tout l'été. À partir du 1er juillet, il sera possible de venir y faire une sieste parfumée. Le maire Jérôme Viaud a rappelé que ce festival a été imaginé pour accompagner le centre historique dans sa mutation. Le quartier se transforme « en théâtre » : « Cet été, on parlera du théâtre de Martelly à ciel ouvert, et ça prouve une nouvelle fois que nous avons réinventé cette Poésie urbaine en sublimant notre patrimoine architectural et urbain », s'est réjoui l'élu. La thématique de cette année est « Spray your dreams » (« vaporise tes rêves »), une invitation poétique pour partager, flâner et contempler des œuvres qui métamorphosent la ville.
La présence de Tristan Eaton
Pour fêter le lancement de cette troisième édition, le célèbre artiste américain d'art urbain Tristan Eaton était présent à Grasse. Arrivé mercredi soir, il a travaillé pendant plusieurs heures pour réaliser une fresque sur les murs du Monoprix de Grasse. Cette œuvre aux couleurs vives, déjà visible, rend hommage à sa chatte Casanova Coco, dont le nom est inscrit avec une typographie inspirée d'un film de Federico Fellini. « Elle était très précieuse », a confié l'artiste. Le graffeur Nasty, cofondateur du festival, explique : « À chaque fois qu'on fait venir un artiste pour le festival Poésie urbaine, on essaie de faire en sorte qu'il ait quelque chose en commun avec soit la France, soit la région. » Tristan Eaton, qui a eu la chance de venir à de nombreuses reprises dans le Sud de la France dans sa jeunesse, en est tombé amoureux. Sa venue à Grasse restera mémorable : le maire Jérôme Viaud lui a remis la médaille de la Ville.



