Millau : sixième Fête de la Sainte-Anne pour valoriser la ganterie
Millau : sixième Fête de la Sainte-Anne pour la ganterie

Une procession au cœur de la ville

Le dimanche 26 juillet 2026, Millau célébrera la sixième édition de la Fête de la Sainte-Anne, patronne des gantiers et des mégissiers. Organisée par l’Association Sauvegarde du patrimoine culturel immatériel du Pays de Millau (SPCIPM), cette journée rend hommage à toute une filière, de l’élevage pastoral à la confection du gant, en passant par la mégisserie et les métiers d’art.

Les festivités débuteront à 9 h 45 place Foch, devant l’église Notre-Dame de l’Espinasse. À 10 h, la procession s’élancera dans les rues de la ville, précédée d’un accordéoniste et accompagnée des bannières, de la Ganteirèlo, du clergé ainsi que des statues de Sainte Anne, de Saint Jean-Baptiste et de Saint-Joseph, symboles des gantiers, des éleveurs et des artisans.

Cette année, le voile de Sainte Anne a été spécialement confectionné pour la fête par l’historienne et artisane Véronique Lemonde, associant laine fournie par les éleveurs et tisseurs locaux et cuir offert par les mégissiers et gantiers du Pays de Millau.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Entre célébration et transmission

La procession rejoindra ensuite l’église du Sacré-Cœur, où sera célébrée une messe suivie de la bénédiction des outils des bergers, éleveurs, mégissiers et gantiers, puis de celle d’une fouace géante. Le public sera ensuite invité à partager gratuitement cette spécialité, avant des démonstrations de danses traditionnelles sur le parvis.

Les Trophées de la Sainte-Anne seront également remis à cinq praticiens et praticiennes engagés dans la transmission de ces savoir-faire. Cette édition s’inscrit par ailleurs dans l’Année internationale des agricultrices, mettant en lumière le rôle des femmes dans l’élevage, l’artisanat et la préservation des patrimoines vivants.

Une tradition tournée vers l’Unesco

Disparue dans les années 1970, la Fête de la Sainte-Anne a été relancée en 2020 par l’association SPCIPM. Au-delà de la célébration, elle accompagne la candidature des « Savoir-faire liés à la ganterie en Pays de Millau » au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco.

« À Millau, les plus grandes maisons continuent de faire fabriquer leurs gants. Ce patrimoine vivant est une fierté pour notre ville et nous ne voulons pas laisser disparaître ce lien exceptionnel entre l’élevage, les matières naturelles et l’excellence artisanale », souligne Olivier Fabre, maître gantier et président de l’association.

Au-delà de la candidature à l’Unesco, l’association poursuit son travail de transmission en développant plusieurs projets : une Route des bergers et des gantiers, la Semaine de l’éducation au patrimoine vivant dans les établissements scolaires, des rencontres intergénérationnelles et de nouvelles formations autour de la filière à Millau.

Où en est la candidature à l’Unesco ?

Engagée depuis 2020, la candidature des savoir-faire liés à la ganterie en Pays de Millau poursuit son chemin. Après une première tentative infructueuse en 2024, un nouveau dossier a été déposé auprès du ministère de la Culture l’année dernière.

« Une inscription à l’Unesco constituerait une reconnaissance mondiale, mais aussi un formidable levier pour notre territoire. Elle contribuerait à préserver des métiers menacés, encouragerait l’installation de nouvelles entreprises et ouvrirait de nouvelles perspectives économiques et culturelles », estime Olivier Fabre, qui habille les mains de Beyoncé et de Brigitte Macron.

En novembre 2026, le ministère désignera l’une des cinq candidatures françaises qui représentera la France devant l’Unesco lors de la session 2027-2028.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale