Jusqu'au 29 août, la Maison Euzéby de Russan (Sainte-Anastasie) présente l'exposition « De la forme et de l'informe. Une maison, des collections… », réunissant 150 œuvres de Lilian Euzéby et d'artistes proches. Cette exposition marque les 20 ans de rendez-vous artistiques estivaux dans la demeure familiale du peintre.
Un accrochage foisonnant comme un cadavre exquis
Lilian Euzéby, qui a enchaîné cinq expositions cette année et prépare les décors d'un Wagner pour le Capitole de Toulouse, n'a pas invité d'autres artistes. Il a dispersé ses propres œuvres aux côtés de pièces de sa collection, de toiles en dépôt et de créations d'artistes proches. Le résultat est une variation poétique et intime à travers les goûts, les amitiés et les souvenirs, explorant ce que collectionner veut dire.
Parcours de l'exposition
Une petite remise accueille des dessins à l'encre de seiche de l'architecte Rudy Ricciotti, créations minimales, abstraites et pleines de verve. La visite se poursuit par une salle consacrée aux taureaux, l'une des passions de Lilian Euzéby. Ses taureaux sont camarguais mais dialoguent avec les astres, le cosmos, les mythologies et la longue histoire. Autour se dévoilent un enlèvement d'Europe de Clara Castagné sur une carte de Nîmes, des cocardiers bondissants de Claude Viallat, des arènes hors du temps photographiées au polaroid par Bruce Paoli…
Face à de sublimes gravures du surréaliste Hans Bellmer sur papier Japon, méandres cruels et sensuels, les habitués retrouveront Philippe Favier, mort dans un accident en mars dernier. L'artiste, connu pour son art de la miniature et sa minutie, a souvent exposé à Russan. L'exposition présente une petite peinture inquiétante et fascinante ainsi que quelques cartes de visite de la série Abracadavra.
Un dialogue permanent entre les œuvres
Chaque fois, Lilian Euzéby dialogue avec les artistes accueillis. Ainsi, ses cadres noirs font face à l'hommage à Jean Lafont par Sophie Calle ou aux puzzles de danseuses augmentées par France Cadet. Dans la bibliothèque, à touche-touche, comme dans les vieux musées, les œuvres s'accumulent du sol au plafond pour un joyeux cadavre exquis où l'art brut croise une affiche de Picabia, où la propagande maoïste voisine avec un violon d'Arman, où une aquarelle de Georges Hugnier rencontre le trait définitif de Tapiès, une colonne colorée de Rougemont, une fleur de Jean-Paul Meurice, une broderie de Rieko Koga, des fixés sous-verre africains ou les obsessions napoléoniennes de Jacques Perreaut.
L'exposition s'achève dans l'atelier de l'artiste, où Lilian Euzéby boucle de futurs projets. Aux murs se retrouvent de grands paysages abstraits, des cosmogonies pleines de références à la littérature et à la mythologie, territoires que Lilian Euzéby arpente de façon spirituelle et hédoniste.
Informations pratiques
L'exposition est visible jusqu'au samedi 29 août, les vendredis, samedis et dimanches de 10 h 30 à 13 h et de 17 h à 19 h 30, à la Maison Euzéby, 6 place de la Fontaine, Russan, Sainte-Anastasie. Entrée libre. Renseignements au 06 09 74 76 36.



