Du 3 juillet au 18 octobre 2026, le Musée Jean-Honoré Fragonard à Grasse accueille l'exposition « Qui a peur des fleurs ? », conçue par Charlotte Urbain, directrice culture de la Maison Fragonard depuis 2012. À l'occasion du centenaire de la parfumerie Fragonard, l'exposition dialogue avec les 200 ans de la photographie, réunissant une quarantaine de clichés qui transforment la fleur en un puissant vecteur politique, artistique et héroïque.
La fleur, un langage visuel et symbolique
Épinglées à un revers, tressées en couronne ou tenues dans une main, les fleurs traversent les images comme des accessoires. Sous le regard de Charlotte Urbain, cette touche décorative devient langage. « La fleur n'est plus un simple motif esthétique : elle devient une déclaration. Portée comme un étendard, elle affirme une présence et une force », explique la commissaire. L'exposition joue sur un paradoxe : la fleur incarne à la fois l'innocence et la puissance.
Femmes photographes et sujets féminins
L'exposition met en avant les femmes, à la fois comme sujets et comme photographes, à l'image de l'artiste mexicaine Judith Romero ou de la Koweïtienne Haya Almansour. Dans leurs prises de vues, la fleur accompagne souvent une affirmation de soi. Elle encadre les visages et participe à la construction d'une visibilité féminine. Les clichés proviennent du monde entier, de l'Indonésie à la Géorgie en passant par l'Ukraine.
Trois rôles de la fleur : artistique, héroïque, révolutionnaire
L'exposition met en lumière trois rôles que joue la fleur. Frida Kahlo utilise la fleur comme une direction artistique : elle en porte, et ses vêtements en sont recouverts. Certaines images convoquent une dimension plus héroïque avec les figures qui les portent. Rosa Parks arborait une fleur blanche sur la photo de son mug shot de février 1956. Joséphine Baker incarne cette puissance florale avec grâce et engagement. La fleur, portée en boutonnière, est aussi un signe politique. Sa couleur ou son espèce indiquent une position. Elle accompagne plusieurs révolutions, comme celle des œillets au Portugal. Une photographie de Lisbonne en 1974 montre cette puissance : dans la joie du 25 avril, les herbacés circulent comme des signes de liberté.
La couronne florale comme motif de contestation
Dans les représentations de la contestation, la couronne florale revient comme motif récurrent, comme chez Guillaume Herbaut dans sa série « Femen les nouvelles amazones ». L'exposition, qui mêle photographies et murs de gouaches anciennes issues des archives textiles Fragonard, offre un parcours visuel dense et engagé.
Entrée libre. Jusqu'au 18 octobre 2026 au Musée Jean-Honoré Fragonard à Grasse.



