Arles : exposition explore la fabrication d'images extraterrestres
Arles : exposition explore fabrication d'images extraterrestres

Une exposition qui interroge notre rapport aux images d'extraterrestres

Aux Rencontres de la photographie d'Arles, l'exposition « Nous ne sommes pas seuls » propose une plongée dans la fabrique des images extraterrestres. Présentée jusqu'au 28 septembre 2026, elle réunit plus de 200 œuvres, allant de clichés scientifiques à des photographies de films de science-fiction, en passant par des documents d'archives et des créations contemporaines.

Un parcours entre science et fiction

Le commissaire de l'exposition, Quentin Bajac, explique que l'objectif est de montrer comment les représentations d'extraterrestres sont le fruit d'un mélange entre observations astronomiques, imaginaire collectif et manipulations visuelles. « L'idée est de déconstruire ces images pour comprendre ce qu'elles disent de nous, de nos peurs et de nos espoirs », a-t-il déclaré.

L'exposition s'ouvre sur des photographies de la NASA, dont les célèbres clichés des missions Apollo, et se poursuit avec des images de soucoupes volantes issues de la culture populaire des années 1950. Un espace est consacré aux « faux » célèbres, comme le prétendu cadavre d'extraterrestre de Roswell, dont les photographies sont analysées comme des constructions visuelles.

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Des œuvres contemporaines qui interrogent

Plusieurs artistes contemporains sont invités à dialoguer avec ces archives. Parmi eux, l'artiste française Camille Henrot présente une série de photomontages où elle superpose des images de l'espace avec des motifs issus de l'art rupestre. « Il s'agit de montrer que la quête d'une vie extraterrestre est aussi ancienne que l'humanité », commente-t-elle.

L'exposition attire un public nombreux : selon les organisateurs, plus de 15 000 visiteurs ont déjà été comptabilisés depuis l'ouverture le 1er juillet. Les Rencontres d'Arles, qui fêtent cette année leur 57e édition, accueillent au total 35 expositions dans divers lieux de la ville.

Un regard critique sur la manipulation des images

« Nous ne sommes pas seuls » ne se contente pas de présenter des images ; elle interroge aussi les mécanismes de leur fabrication et de leur diffusion. Un volet de l'exposition est consacré aux théories du complot, avec des documents montrant comment des photographies ont été retouchées ou sorties de leur contexte pour étayer des croyances.

« Dans une époque où les deepfakes et l'intelligence artificielle rendent la manipulation d'images de plus en plus sophistiquée, cette exposition rappelle l'importance de l'éducation visuelle », souligne le directeur des Rencontres, Christophe Berthoud.

L'exposition est présentée à l'Église des Frères Prêcheurs, l'un des sites emblématiques du festival. Elle est accompagnée d'un catalogue de 240 pages, édité par Actes Sud, qui approfondit les thématiques abordées.

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