Arles 2025 : le chant du béton expose la photographie brute du brutalisme
Arles 2025 : le chant du béton, photographie brute du brutalisme

Une ode au béton brut

Les Rencontres de la Photographie d'Arles 2025 présentent une exposition majeure intitulée « Le Chant du Béton », consacrée au photographe Lucien Hervé (1910-2007). L'accrochage rassemble 200 tirages, dont 50 inédits, qui explorent l'architecture brutaliste des années 1950 à 1970. Selon les commissaires, l'exposition « met en lumière la manière dont Hervé a su capturer la poésie du béton armé, transformant des structures massives en compositions abstraites et lumineuses ».

Un témoignage historique

Lucien Hervé, né en Hongrie et naturalisé français, fut le photographe attitré de Le Corbusier pendant plus de vingt ans. Ses clichés documentent des édifices emblématiques comme l'Unité d'Habitation de Marseille ou le couvent de La Tourette. L'exposition montre également ses reportages pour la revue « L'Architecture d'Aujourd'hui », où il a immortalisé des bâtiments de Oscar Niemeyer, Alvar Aalto et Louis Kahn. Un tiers des œuvres présentées proviennent de fonds privés, dont la collection de la Fondation Le Corbusier.

Une scénographie immersive

Installée dans l'ancienne église des Trinitaires, l'exposition joue sur les contrastes d'ombre et de lumière, rappelant le travail de Hervé. Les murs en pierre apparente accueillent des tirages grand format, certains atteignant 1,50 mètre de haut. Un parcours chronologique retrace l'évolution du photographe, de ses débuts humanistes à ses recherches abstraites. « Chaque image est une leçon de composition, où la matière devient rythme et texture », a déclaré un critique présent au vernissage.

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Un regard sur l'urbanisme d'après-guerre

Au-delà de l'esthétique, « Le Chant du Béton » interroge l'héritage du brutalisme, mouvement architectural controversé. Hervé a photographié des cités comme la Cité Radieuse ou le quartier du Mirail à Toulouse, aujourd'hui confrontés à des enjeux de rénovation. L'exposition inclut une section documentaire avec des plans d'architectes et des extraits de correspondance. Selon le catalogue, « Hervé voyait dans le béton un matériau démocratique, capable de loger les masses avec dignité ».

Un succès public

Ouverte depuis le 7 juillet, l'exposition a déjà attiré 15 000 visiteurs, soit une augmentation de 20 % par rapport à la même période l'an dernier. Les organisateurs prévoient de prolonger l'événement jusqu'au 28 septembre en raison de la demande. Un cycle de conférences est programmé chaque samedi, avec des architectes et des historiens de l'art. « Ces images sont plus que des documents : ce sont des manifestes pour une architecture humaine », a résumé le directeur des Rencontres.

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