Anton Prinner au Musée Magnelli : l'art sacré en offrande
Anton Prinner au Musée Magnelli : l'art sacré en offrande

Le Musée national Magnelli de Vallauris ouvre ses portes, à partir du 1er août 2026, à une exposition consacrée à l'artiste hongro-française Anton Prinner. Intitulée « Offrande », cette rétrospective rassemble plus d'une centaine de pièces — sculptures, dessins, médaillons — issues de collections publiques et privées, retraçant quarante années de création. L'événement se tient jusqu'au 3 janvier 2027.

Une artiste à la croisée des avant-gardes

Anton Prinner voit le jour en 1902 à Budapest. Elle rejoint Paris en 1924, où elle adopte rapidement un pseudonyme masculin pour affirmer sa liberté dans un milieu artistique encore masculin. Ses débuts sont marqués par le cubisme, puis elle développe une œuvre à la fois figurative et abstraite, traversée par des préoccupations spirituelles intenses.

L'exposition met en lumière son travail pour les églises, commandes publiques et privées réalisées entre 1935 et 1970. De nombreux autels, fonts baptismaux, croix et modèles de vitraux sont présentés pour la première fois dans leur intégralité. Le parcours scénographique, conçu par l'architecte Sophie Roux, fait dialoguer les pièces monumentales avec des œuvres plus intimes.

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Un parcours en cinq sections

  • Les années d'apprentissage et la rupture cubiste, de 1924 à 1935.
  • Les grandes figures et l'affirmation du style, de 1935 à 1950.
  • La commande sacrée et les œuvres religieuses, de 1950 à 1970.
  • Les dessins et la recherche spirituelle.
  • L'atelier de l'artiste : archives, outils et photographies.

Chaque section s'appuie sur des prêts exceptionnels du musée des Beaux-Arts de Budapest, du Centre Pompidou et de plusieurs églises paroissiales du sud de la France. Le musée a également noué un partenariat avec la Fondation Anton Prinner, créée en 2019 pour promouvoir l'œuvre de l'artiste.

Un artiste au service de l'Église

Anton Prinner a longtemps été considérée comme une figure marginale de l'art sacré. Pourtant, ses recherches sur les matériaux et son sens de la monumentalité ont profondément renouvelé la sculpture religieuse. Ses œuvres, présentées dans des chapelles et des cathédrales, témoignent d'une modernité assumée et d'une foi sincère.

Le commissaire de l'exposition, Christian Briend, souligne la capacité de l'artiste à renouveler le langage de l'art sacré en inscrivant la tradition chrétienne dans les formes du XXe siècle. Cette vision a permis de sortir Prinner d'un relatif oubli et de la redécouvrir comme une pionnière, tant sur le plan esthétique que spirituel.

Autour de l'exposition

Des visites thématiques et des ateliers de modelage sont proposés au public, tandis qu'un catalogue de 240 pages est publié aux éditions Faton. Une série de conférences sur l'art sacré moderne se tiendra en septembre et octobre 2026, avec la participation d'historiens de l'art et de théologiens.

Le Musée Magnelli, installé dans le même bâtiment que la chapelle des Arcades, célèbre depuis 1964 l'œuvre du peintre Alberto Magnelli et s'ouvre régulièrement à d'autres créateurs majeurs. Cette exposition vise à inscrire Anton Prinner dans l'histoire de la sculpture moderne, aux côtés de Constantin Brancusi et d'Henri Laurens.

À l'issue de la présentation à Vallauris, l'exposition pourrait voyager vers Budapest, où un hommage est envisagé, ainsi qu'à Genève. En attendant, les visiteurs peuvent découvrir jusqu'au 3 janvier 2027 cette œuvre singulière, imprégnée de mystère et de sacré.

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