Abel Boyé, peintre académique de Marmande, mis en lumière au musée Marzelles
Abel Boyé, peintre oublié de Marmande, exposé au musée Marzelles

Le musée Marzelles de Marmande rend hommage à un artiste local méconnu : Abel-Dominique Boyé, né le 6 mai 1864 dans cette ville du Lot-et-Garonne. Jusqu'au 22 septembre 2024, l'exposition « Abel Boyé, la création d'une œuvre » présente une soixantaine de pièces du peintre, offrant une plongée dans son univers académique.

Un artiste académique éclipsé par les impressionnistes

Malgré des portraits appréciés, une formation aux Beaux-Arts et des médailles obtenues au Salon, Abel Boyé n'a jamais connu une grande notoriété. Mona Lévêque, directrice du musée Marzelles, explique : « Il appartient à un courant artistique académique éclipsé par les impressionnistes. Il a vécu à la période de ce qu'on trouve au musée d'Orsay, et ces peintres ont été oubliés par la recherche. » Cependant, un regain d'intérêt se manifeste, comme en témoigne l'exposition Jean-Léon Jérôme à Orsay.

Françoise Verdier, adjointe à la culture de Marmande, ajoute : « Les vieux Marmandais se souviennent de lui, mais je ne suis pas sûre que les gens soient conscients qu'un peintre d'une telle renommée est né ici et n'a jamais oublié la cité. »

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L'œuvre la plus chère : le plafond du théâtre Ducourneau

L'œuvre la mieux payée d'Abel Boyé est celle qui orne le plafond du théâtre Ducourneau à Agen, pour laquelle il a reçu 10 000 francs. Parmi ses toiles les plus célèbres figurent « La Nymphe de Diane », « Le Crépuscule » (à Narbonne) et « L'Aveugle », trop grand pour être exposé au musée.

Des relations politiques influentes

Élève de Benjamin-Constant, Abel Boyé entretenait des liens avec des personnalités politiques lot-et-garonnaises, dont plusieurs ministres et le président Armand Fallières. Son tableau « Arrivée du président Fallières », conservé au conseil municipal de Mézin, est trop grand pour l'exposition, mais une étude est présentée.

Des nus pudiques et discrets

Abel Boyé a peint de nombreux nus, mais ils sont qualifiés de pudiques et de petit format, contrairement à « Olympia » d'Édouard Manet. Une conférence sur ce sujet est prévue le samedi 4 mai à 15 heures.

Une exposition enrichie par des collectionneurs

Des collectionneurs se sont spontanément présentés au musée, permettant d'établir des liens et de compléter la collection municipale. La Ville a acquis une trentaine d'œuvres depuis décembre 2022, dont une douzaine sont visibles jusqu'en septembre. L'exposition propose un parcours cohérent, avec un roulement des œuvres graphiques fragiles (un dessin ne peut être exposé plus de trois mois).

Informations pratiques

Exposition du 3 mai au 22 septembre, du mercredi au samedi, entrée libre. Le musée Marzelles, à l'étroit dans ses locaux actuels, envisage peut-être un changement de nom pour « musée Abel-Boyé », mais cette décision n'est pas encore prise. D'autres sites sont à l'étude, comme la maison d'Auber de Peyrelongue.

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