Polémique chez Manga One : des mangakas exigent le retrait d'œuvres d'un auteur condamné
Manga One : polémique sur un auteur condamné réengagé

Une tempête éditoriale secoue Manga One

La plateforme de lecture en ligne Manga One, opérée par la prestigieuse maison d'édition japonaise Shogakukan, se trouve plongée dans une controverse majeure. Des dizaines de mangakas réclament avec insistance la dépublication de leurs créations sur cette plateforme numérique. Cette mobilisation artistique fait suite à la révélation de la présence d'un auteur condamné dans une affaire grave d'emprise sexuelle sur une personne mineure, comme l'ont rapporté en détail le journal Libération et le site spécialisé Actualitté.

Un auteur condamné réapparaît sous pseudonyme

L'affaire concerne spécifiquement Shoichi Yamamoto, l'auteur du manga Daten Sakusen, qui a été légalement condamné pour des faits de maltraitance pédocriminelle. Suite à cette condamnation, son œuvre avait été immédiatement suspendue par la plateforme. Cependant, malgré ce lourd passif judiciaire, l'auteur a été discrètement réembauché quelques mois plus tard sous le pseudonyme de Hajime Ichiro. Il a ainsi pu travailler comme scénariste sur un nouveau manga intitulé Jojin Kamen.

Face à la pression médiatique et aux réactions outragées de la communauté des mangakas, l'éditeur Shogakukan a finalement réagi publiquement. La maison d'édition a confirmé les faits et a annoncé l'arrêt définitif de la publication du manga en question. Néanmoins, cette décision tardive n'a pas suffi à calmer la colère des artistes, qui dénoncent une dissimulation organisée pendant plusieurs années.

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Une dissimulation qui dure depuis 2020

Le premier manga de Shoichi Yamamoto avait initialement été suspendu par Shogakukan en 2020, immédiatement après sa condamnation pénale. Cette suspension est devenue définitive deux années plus tard, en 2022. Pourtant, de manière surprenante, l'auteur a été réengagé seulement deux mois après cet arrêt définitif, toujours sous le pseudonyme Hajime Ichiro, pour développer une nouvelle série sur la plateforme Manga One.

Ce n'est qu'à la suite d'un nouveau jugement rendu fin février, dans le cadre d'un procès civil initié en juillet 2022 par la victime de Shoichi Yamamoto, que Shogakukan a finalement pris la parole publiquement sur cette affaire. La maison d'édition a multiplié les communiqués d'excuses, mais les mangakas restent profondément mécontents de cette gestion opaque et prolongée.

Une seconde affaire embarrassante

Cette polémique n'est malheureusement pas isolée. Comme le précise Libération, Shogakukan a également dévoilé début mars avoir engagé un autre auteur sous un nom d'emprunt. Il s'agit d'Itsuki Yatsunami, qui est en réalité Tatsuya Matsuki, un auteur condamné en 2020 à une peine de dix-huit mois de prison avec sursis et trois ans de probation pour agression sexuelle sur deux adolescentes.

Cette révélation supplémentaire ajoute une couche de complexité à la crise de confiance que traverse actuellement Manga One. Les mangakas exigent désormais des garanties éthiques claires et une transparence totale concernant les collaborateurs de la plateforme. Cette affaire soulève des questions fondamentales sur la responsabilité éditoriale et la déontologie dans l'industrie du manga numérique.

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